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Automédication : Prenez le meilleur

04 Mai

 

L’évaluation de 4.000 médicaments accessibles sans ordonnance permet de choisir les remèdes réellement efficaces et bien tolérés. Un guide indispensable, disponible dès jeudi.

Le Pr Jean-Paul Giroud publie jeudi Médicaments sans ordonnance. Les bons et les mauvais ! (*), un guide d’automédication pour aider chacun à faire le tri dans son armoire à pharmacie

Le Pr Jean-Paul Giroud publie jeudi Médicaments sans ordonnance.

Les bons et les mauvais ! (*), un guide d’automédication pour aider chacun à faire le tri dans son armoire à pharmacie SIPA

Que savons-nous des médicaments que nous consommons ? De leur utilité, de leur innocuité ? Pas grand-chose. Et pourtant, 45 % d’entre eux sont accessibles sans ordonnance. « Quand vous achetez un médicament, vous ignorez s’il s’agit d’un produit efficace ou d’une poudre de perlimpinpin inutile, voire dangereuse », déplore le Pr Jean-Paul Giroud. Ce spécialiste en pharmacologie clinique, membre de l’Académie de médecine et ancien expert de l’OMS, n’a qu’une obsession : informer les patients. Il publie jeudi Médicaments sans ordonnance. Les bons et les mauvais ! (*), un guide d’automédication pour aider chacun à faire le tri dans son armoire à pharmacie.

La moitié des médicaments inefficaces

S’appuyant sur plus de trente années de recherches en pharmacologie, il estime que sur les 4.000 médicaments accessibles sans prescription, à peine la moitié a démontré une réelle efficacité. « Il est parfois plus difficile de trouver un bon médicament que de gagner au tiercé ! » raille-t-il. Ces produits ont bien sûr obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) avant d’être vendus en pharmacie. Mais ce « visa » des autorités ne garantit pas qu’ils sont bons… ni même inoffensifs. Le cas le plus connu est l’aspirine, qui peut entrainer de graves troubles chez les personnes allergiques. Autre exemple : le Vastarel, le 25e produit le plus vendu en France en 2010. Destiné au traitement d’appoint des angines de poitrine et des vertiges, il peut provoquer l’apparition de syndromes parkinsoniens. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Affsaps) a demandé son retrait. Mais combien d’autres mauvais médicaments passent entre les mailles du filet ?

Le Doliprane, champion toutes catégories

« Si on veut développer l’automédication, les Français doivent bénéficier d’une information écrite pour pouvoir faire leur choix. Les pouvoirs publics devraient éditer des fiches pour chaque produit. On en est loin. Ni l’Afssaps ni la Haute Autorité de santé ne disposent d’une base complète sur les médicaments ! » martèle le spécialiste. Pour pallier cette carence, le Pr Giroud a analysé les substances employées dans 4.000 médicaments – homéopathie, phytothérapie et génériques compris – et leur a attribué une note (lire encadré). Sans pitié pour les 140 spécialités « veinotoniques » existant en France, jugées sans intérêt, il tacle aussi les produits contre la toux (inefficaces à 80 %), ou le rhume de cerveau (inefficaces à 76 %). En revanche, quelques stars se détachent, comme le Doliprane, vedette des antidouleurs avec la note de 18/20.

Nous avons puisé dans cette mine d’informations et sélectionné une douzaine de pathologies souvent soignées par automédication. Pour chacune, nous avons choisi quelques médicaments parmi les mieux et les moins bien notés, en privilégiant les plus connus. Faute de pouvoir être exhaustifs, nous renvoyons les lecteurs curieux vers le guide du Pr Giroud. Rappelons, enfin, qu’aucun médicament n’est anodin. Pour éviter les désagréments, apprenez à reconnaître la substance active plutôt que le nom commercial du médicament, lisez les notices avec attention, respectez la posologie, surveillez les contre-indications. A votre santé !

(*)  Avec la collaboration de Catherine Cupillard et d’Olivier Curé, éd. de La Martinière, coll. Atelier pratique (2011). 571 p., 24,90 €.

Le top du classement

18 à 16 Médicament composé d’une seule substance efficace et bien tolérée.

15 à 12 Une seule substance, assez efficace et bien tolérée.

11 Faible efficacité, mais bien toléré.

10 Efficacité non démontrée, mais bonne tolérance, peut rendre service.

 

Le bas du tableau

Une certaine efficacité, mais une balance bénéfice-risque négative. Plus la note est basse, plus les risques sont importants.

5 à 3 Substance dépassée, ou associations de substances illogiques, injustifiées voire dangereuses.

2 à 0 Indications mensongères, ces médicaments devraient être supprimés du marché depuis longtemps.

 

Précaution

Trois règles à retenir

  • Privilégiez les médicaments ne contenant qu’une seule substance.
  • Limitez l’automédication à cinq jours, et si les symptômes persistent, consultez votre médecin.
  • Ne prenez pas de médicaments en automédication en plus du traitement prescrit par votre médecin, informez-le des produits que vous consommez.

Par Dossier réalisé par Juliette Demey et Marie Marvier

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Publié par le 4 mai 2011 dans Santé

 

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