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Un relaxant, le baclofène, bientôt testé contre l’alcoolisme

29 Juil

     Source : Le Parisien

Le baclofène soulage habituellement les torticolis… mais pourrait bien être le médicament miracle qu’attendent des millions d’alcooliques. Une étude médicale va être lancée pour déterminer son efficacité.


Le myorelaxant baclofène ne dispose pour le moment d’aucune autorisation de mise sur le marché pour traiter l’alcoolisme.

Le myorelaxant baclofène ne dispose pour le moment d’aucune autorisation de mise sur le marché pour traiter l’alcoolisme.

 

D’ici quelques mois, on saura enfin avec certitude si le baclofène, un simple cachet contre le torticolis commercialisé depuis 1975, peut stopper durablement l’alcoolisme chez ceux qui en sont atteints. C’est en tout cas l’objet de l’essai clinique que pilotera le professeur Philippe Jaury dès septembre à la faculté de médecine René-Descartes à Paris.

« Cela fait des années qu’on attendait que cette étude soit lancée, se réjouit Sylvie, porte-parole de l’Association Baclofène, qui n’a aucun doute sur les résultats. Comme des milliers d’alcooliques en France (100 000 personnes prennent ce produit mais on ignore la proportion de ceux qui s’en servent pour lutter contre leur addiction), Sylvie n’a pas attendu cet essai pour tester sur elle le médicament.
Pour elle, tout change quand elle ouvre le livre d’Olivier Ameisen, « le Dernier Verre » (Denoël, 2008). Ce Français, professeur de cardiologie à l’université de l’Etat de New York, y raconte comment le baclofène a stoppé net l’addiction à l’alcool dont il souffrait. « A l’époque, il n’y avait pratiquement aucun médecin qui prescrivait du baclofène contre l’addiction à l’alcool. Je suis donc allée m’en procurer en Espagne où une pharmacie sur deux le donnait sans ordonnance », se souvient cette informaticienne de la région toulousaine. « J’ai commencé assez bas, puis j’ai augmenté les concentrations jusqu’à ce que je ressente une indifférence totale à l’alcool. » Cela fait maintenant trois ans que Sylvie est sobre et ceci sans aucun effet secondaire. « J’ai diminué les doses, mais je continue à prendre le médicament », confie Sylvie, qui a depuis trouvé en France un médecin qui veut bien le lui prescrire.
Parmi les alcooliques, on se repasse le nom des praticiens qui acceptent de le donner comme la formule secrète d’une potion magique. Ce myorelaxant ne dispose en effet d’aucune autorisation de mise sur le marché (AMM) pour traiter l’alcoolisme. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) vient de publier une mise en garde aux utilisateurs du baclofène.
« Il n’existe aucune preuve scientifique montrant l’efficacité de ce produit contre l’alcoolisme, souligne une porte-parole de l’Afssaps. Par ailleurs, nous ne connaissons pas les effets secondaires de cette molécule aux doses où elle est prise contre l’addiction à l’alcool. »
Toutefois, les praticiens n’ont pas une interdiction formelle de donner ce médicament, le médecin étant libre en France de ses prescriptions. Ils prennent simplement la responsabilité de poursuites en cas d’éventuels problèmes. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont décidé de prendre ce risque. Chef de service au groupe hospitalier Paul-Guiraud à Villejuif (Val-de-Marne), Renaud de Beaurepaire estime même qu’il serait « criminel de ne pas prescrire de baclofène aux alcooliques ». Ce médicament est « le seul traitement efficace d’une maladie mortelle et un médicament qui depuis près de quarante ans a démontré sa parfaite innocuité », écrit-il dans le bulletin du Réseau addictions Val-de-Marne Ouest (Ravmo).
Sevré depuis neuf ans grâce au baclofène, Olivier Ameisen a, quant à lui, sa petite idée sur les raisons de cette frilosité des autorités sanitaires. « Le vrai problème du baclofène, c’est que c’est un générique qui ne coûte rien et ne rapporte de l’argent à personne. Et qu’il remet en cause le bien-fondé des centres d’addictologie tant privés que publics desquels la plupart des alcooliques ressortent toujours aussi accros à la boisson. »

Lien : Alcoolisme : elle n’a pas attendu

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Publié par le 29 juillet 2011 dans Santé, Société

 

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