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Plan de rigueur : Fillon annonce ce qui nous attend

07 Nov

 

Source : La Provence

 

Les mesures supplémentaires s'élèveront à 7 milliards d'euros en 2012 et 11,6 milliards en 2013, a annoncé François Fillon lors d'une conférence de presse.

Les mesures supplémentaires s’élèveront à 7 milliards d’euros en 2012 et 11,6 milliards en 2013,
a annoncé François Fillon lors d’une conférence de presse.
Photo Reuters

La France a annoncé ce midi un plan de redressement budgétaire de 65 milliards d’euros d’ici 2016, dont 18,6 milliards pour la période 2012-2013, afin de tenir ses objectifs de réduction du déficit public et préserver sa notation souveraine malgré le ralentissement économique.
Les deux pièces maitresses de ce "plan d’équilibre des finances publiques", présenté par François Fillon, sont une accélération de la réforme des retraites et une hausse du taux réduit de TVA de 5,5% à 7%, dans la restauration notamment, sauf pour les produits de première nécessité (dont l’alimentation). Deux mesures socialement risquées à six mois de l’élection présidentielle.

Le départ à la retraite à 62 ans avancé à 2017

La réforme des retraites, entrée en vigueur le 1er juillet dernier, prévoyait de porter progressivement de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite à l’échéance 2018. Nicolas Sarkozy et son Premier ministre, qui entendent défendre le "triple A" français, ont décidé d’avancer ce rendez-vous à 2017, ce qui permettra, selon François Fillon, 4,4 milliards d’économies de 2013 à 2016.
Cette mesure se traduira par "quelques mois d’activité supplémentaires pour les générations nées entre 1952 et 1956", a précisé le chef du gouvernement. "C’est un signal très fort de la volonté de notre pays de maitriser ses dépenses, d’équilibrer ses comptes sociaux", a-t-il souligné, à l’adresse particulière des agences de notation. "Notre souveraineté économique, financière et sociale exige des efforts collectifs et prolongés, et même quelques sacrifices", a insisté François Fillon, en invoquant l’exemple grec.

Prestations sociales revalorisées de 1% en 2012

"Le mot de faillite n’est plus un mot abstrait. (…) Notre pays ne doit pas être condamné un jour à mener une politique imposées par d’autres", a-t-il dit, tout en se défendant d’imposer au pays une cure de rigueur comme en mars 1983 sous la présidence du socialiste François Mitterrand. Pour le chef de l’Etat et le Premier ministre, les Français sont désormais conscients de la nécessité de "sortir de cette spirale dangereuse" de l’endettement et prêts à accepter des "efforts" sur le long terme.
La France se fixe pour objectif un déficit public équivalent à 4,5% du PIB en 2012, 3% en 2013 et 2% en 2014, jusqu’à l’équilibre en 2016. "Notre pays doit se retrousser les manches sans douter de sa force et de son génie", a plaidé le Premier ministre. Au nombre des "sacrifices", les prestations sociales seront exceptionnellement indexées sur la croissance en 2012, soit 1%, et non sur l’inflation. "Nous n’avons pas voulu aller jusqu’à geler les prestations", a dit François Fillon.

Gel du barème de l’impôt sur le revenu et de l’ISF

Les minima sociaux, les pensions de retraite, le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse et les allocations pour les chômeurs en fin de droits ne sont pas concernés et seront revalorisés selon les règles actuelles (inflation+croissance). Les dépenses de santé sont également affectées, avec un objectif de 700 millions d’euros d’économie à partir de 2012. L’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) est ramené de 2,8% à 2,5% en 2012, pour un gain prévu de 500 millions d’euros.
Le gouvernement poursuit sa politique de réduction de niches fiscales à hauteur de 2,6 milliards d’euros d’économies supplémentaires. La loi Scellier pour les investissements locatifs sera supprimée fin 2012, et le prêt à taux zéro sera "recentré" sur les logements neufs. Les barèmes de l’impôt sur le revenu et de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) seront gelés en 2012 et 2013. Jugeant "légitime" que les plus aisés soient davantage mis à contribution, François Fillon a annoncé une majoration de 5% de l’impôt sur les sociétés en 2012 et 2013 pour les entreprises réalisant plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour un gain de 1,1 milliard d’euros.

Gel du salaire du Président et des ministres

L’Etat entend donner l’exemple en programmant 500 millions d’euros d’économies supplémentaires pour 2012, qui s’ajoutent au milliard annoncé lors du premier plan d’économies du 24 août – ce qui fait du budget 2012 "le plus rigoureux depuis 1945" avec une baisse de 1,5 milliard, a insisté François Fillon. "A partir de 2013, les dépenses de l’Etat diminueront en valeur d’un milliard d’euros par an", a-t-il indiqué.
Au chapitre symbolique, les salaires du chef de l’Etat et des ministres seront gelés jusqu’au retour à l’équilibre en 2016, et les dotations aux partis politiques seront réduites. François Fillon a exhorté les dirigeants des entreprises du CAC 40 à "faire exactement la même chose" pour ne pas se rendre coupables d’"indécence" en cette période de crise aigüe. Les collectivités locales, qui représentent un peu plus de 20% de la dépense publique, sont relativement épargnées puisqu’elles sont invitées à un effort de "transparence" avec la publication annuelle, désormais obligatoire, de l’évolution de leurs effectifs et de leur train de vie.

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Publié par le 7 novembre 2011 dans Fiscalité, Politique, Société

 

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