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Prothèses PIP. L’aveu de Jean-Claude Mas

06 Jan

 

Source : Paris Match

 

Prothèses PIP. L’aveu de Jean-Claude Mas

Une photographie de Jean-Claude Mas figure sur le site d’Interpol. Le septuagénaire est recherché par le Costa Rica
pour des atteintes à «la vie» et à «la santé»
| Photo ABACA

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Énième rebondissement dans le scandale. L’avocat de Jean-Claude Mas, président-fondateur du groupe Poly Implant Prothèse (PIP) a indiqué jeudi que son client refusait de s’exprimer face au «nombre impressionnant de contre-vérités». Les propos de l’ancien gérant se sont, malgré lui, étalés dans les médias. Le procès verbal d’audition du septuagénaire datant de novembre 2010 a été révélé jeudi soir par TF1. Des propos qui dressent le portrait d’un homme omnipotent, assumant avoir contourné les normes et ne manifestant aucune compassion pour ses victimes.
Jean-Claude Mas admet avoir utilisé un gel non conforme et sciemment déjoué les contrôles, arguant qu’il n’existait aucun risque. «Cette formule est parfaite, elle est meilleure que celle utilisée pour fabriquer le gel homologué, a-t-il déclaré aux enquêteurs selon TF1. Par habitude, depuis 1997 nous cachions les produits utilisés pour fabriquer le gel PIP. Je n’avais pas le droit d’acheter ces produits car ils n’étaient pas homologués. Tout était organisé pour échapper aux contrôles.» L’unique «motivation» de cette fraude étant d’ «augmenter sensiblement la rentabilité de l’entreprise»*.
Selon le PV, les employés de PIP ont reconnu que le processus de fabrication était «oral et jamais écrit», laissant supposer des irrégularités et manquements. Une pratique profondément liée à l’histoire de l’entreprise implantée à la Seyne-sur-Mer (Var). Le fondateur a indiqué que «dès 1993», soit deux ans seulement après la création de sa société, l’ordre était donné de «dissimuler la vérité» à l’organisme certificateur allemand TÜV.

«Des personnes qui font ça pour le fric»

Thierry Brinon, un ancien directeur technique a ainsi détaillé les dessous de ce système, indiquant que la fraude pour les implants mammaires incriminés avait commencée en 2001, lorsque le silicone avait été de nouveau autorisé pour ces interventions. Mais pour l’ancien actionnaire majoritaire de 72 ans, les patientes implantées qui s’étaient plaintes n’étaient pas victimes. «Il s’agit de personnes fragiles ou de personnes qui font ça pour le fric», avait-il lancé devant les gendarmes.

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a justifié mardi la «lenteur» de son intervention. Contrairement aux médicaments, les dispositifs médicaux ne sont pas soumis à une procédure d’autorisation de mise sur le marché, a expliqué un porte-parole à l’agence Reuters. «L’Afssaps est chargée de réaliser une inspection quand il y a des doutes sur un producteur particulier ou quand le marché change beaucoup», ce qui s’est produit à deux reprises, en 2001 puis en 2010.

A qui la faute ?

Cette surveillance était déléguée à l’organisme Tüv Rheinland, qui a certifié les sites de production PIP jusqu’en mars 2010, date à laquelle les prothèses ont été retirées du marché et la société varoise liquidée. L’accusant de l’avoir trompé sur la composition de son gel de silicone, le groupe a attaqué PIP en justice en février 2011. Spécialiste de la distribution de produits chimiques, le groupe industriel allemand Brenntag a indiqué avoir fourni du silicone à la société française, précisant que le matériau était destiné à un usage industriel.

La juge d’instruction Annaïck Le Goff s’est rendue mercredi dans les locaux de la société PIP, agissant dans le cadre d’une information judiciaire pour «homicide involontaire et blessures involontaires» ouverte le 8 décembre par le parquet de Marseille. Quelque 2.400 plaintes de porteuses d’implants mammaires PIP ont été déposées dans l’enquête préliminaire pour «tromperie aggravée». Un délit passible de quatre années d’emprisonnement.

*Jean-Claude Mas a précisé que 75% des implants étaient remplis de gel PIP, 25% seulement avec le gel américain Nusil. Compte tenu des prix de ces matériaux, Poly Implant Prothèse faisait une économie de 10 euros par implant, soit un gain «d’un million d’euros par an pour une production de 100.000 prothèses».

Liens : Les enfants de l’ex patron… L’assurance maladie…Les prothèses…

 
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Publié par le 6 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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