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Prothèses mammaires PIP : ce que le fondateur a avoué

07 Jan

 

Source : La Provence

Jean-Claude Mas a reconnu la tromperie. Il accuse les victimes de faire "du fric"

Jean-Claude Mas (en haut) vante les mérites de ses prothèses. La juge s'est déplacée mercredi dans le Var dans les locaux de PIP.

Jean-Claude Mas vante les mérites de ses prothèses. La juge s’est déplacée mercredi dans le Var dans les locaux de PIP.
Photo Bruno Souillard

 

Il a décidé de ne pas parler, comme l’a indiqué jeudi son avocat Me Yves Haddad, mais ses procès-verbaux d’audition, que "La Provence" a pu consulter, parlent pour lui. Le président-fondateur du groupe Poly Implant Prothèse (PIP), Jean-Claude Mas, 72 ans, à l’origine de l’affaire des prothèses mammaires présumées défectueuses, a reconnu lors de ses gardes à vue de novembre 2010 et octobre 2011, la "tromperie", qui pourrait bien lui valoir d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Marseille à l’automne 2012.

"Que devaient contenir les prothèses selon le marquage CE (Communauté européenne)?" lui demandent les gendarmes, le 18 novembre 2010, alors qu’il est placé en garde à vue : "Du gel MED 6300, fabriqué par la société Nusil", répond M. Mas. "Que contenaient-elles en réalité ?" insistent les enquêteurs. "Je pense tout à fait autre chose. Il y avait de l’huile de silicone, une partie de vinylé, du U165. Il devait y avoir un siloxane hydrogéné et un platine comme catalyseur. Quand j’ai créé PIP, j’ai apporté cette formule, je l’ai gardée. Pourquoi la changer ?"

"Je reconnais les infractions"

Entendu de nouveau par les gendarmes, le 13 octobre 2011, il a reconnu les faits en ces termes : "Oui, je reconnais les infractions car j’étais au courant (…) Je reconnais que PIP a volontairement dissimulé, bien que je ne sois plus le dirigeant, mais depuis 1993, à PIP on faisait comme ça…" . "Nous vous affirmons que vos prothèses ne sont pas conformes", lui font remarquer les enquêteurs. "Je l’ai toujours su", réplique-t-il.
Interrogé sur les dissimulations effectuées auprès de l’organisme certificateur allemand TUV Rheinland, Jean-Claude Mas répond que "TUV annonce sa visite dix jours avant. Même moi, si j’étais à l’autre bout du monde, j’étais informé. On l’a fait pendant treize ans sans aucun problème. Dès 1993, alors que je suis président de PIP, je donne l’ordre de dissimuler la vérité à TUV". "Pourquoi avoir utilisé le gel PIP à la place du gel Nusil ?" persistent-ils. "Je l’ai dit : rapport qualité-prix et mon gel est meilleur." Au total, l’enquête démontrera que PIP parvenait ainsi à économiser environ un million d’euros par an.

"Des personnes qui ne font ça que pour le fric"

Questionné en revanche sur le caractère dangereux pour la santé de ses prothèses, Jean-Claude Mas bondit : "Mes prothèses en gel PIP ne présentent aucun risque pour la santé. Concernant les victimes, elles ne déposent plainte que pour recevoir de l’argent". "Il s’agit de personnes fragiles ou de personnes qui ne font ça que pour le fric", croit bon d’insister le fondateur de PIP.

Au total, plus de 2 400 plaintes ont été déposées à ce jour à Marseille par des porteuses d’implants mammaires. La justice continue

Liens : Prothèses PIP. L’aveu…Les enfants de l’ex patron…L’assurance maladie…Les prothèses…

 
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Publié par le 7 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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