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Gilets Jaunes : les réseaux sociaux comme outil d’oppression

 

Source : ZDNet

Société : L’actualité sociale et politique qui secoue notre pays depuis quelques semaines met en lumière ce qui pouvait arriver de pire avec les réseaux sociaux.

On ne peut pas amoindrir le rôle joué par les réseaux sociaux et en particulier, Facebook dans le mouvement social des Gilets Jaunes. Quand une contestation recueille 72 % de soutien de la population française selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud Radio et CNews, on reste songeur. Qui aurait pu prévoir qu’une pétition en ligne et un évènement Facebook déboucheraient sur ce qui est dorénavant qualifié de crise de régime ?

Peu importe, ce que l’on pense du fond des revendications des Gilets jaunes et ce ne sera pas le propos ici. D’ailleurs, bien malin celui qui arrivera à dire précisément quelles sont ces dernières, tant elles ont été nombreuses et parfois contradictoires et quelles seraient les personnes aptes à représenter ce mouvement.

Dès le départ, des voix se sont fait entendre et des porte-paroles ont émergé : les plus forts en gueule, les plus lisses, mais aussi les plus rentables sur le plan de l’audimat. Loin de moi l’idée de jeter la pierre aux médias d’avoir couvert cette contestation. Que n’aurait-on dit s’ils ne l’avaient pas fait ? Il suffit de se promener sur Twitter ou Facebook pour voir certaines personnes, se revendiquant des Gilets jaunes, les agonir d’injure et les accuser de donner une image tronquée.

A qui donner la parole ?

Essayant de rapporter l’information de la façon la plus objective possible, ils se sont heurtés à un problème : à qui donner la parole ? Il n’a échappé à personne que ce mouvement refusait d’avoir des représentants institutionnels et institutionnalisés. Un consensus a donc été trouvé avec des porte-paroles départementaux, mais qui eux-mêmes, ne rassemblent pas tout le monde et sont discrédités, de façon parfois violente.

Pouvait-on rêver meilleure démonstration de deux thèses parfaitement contradictoires : l’exercice purement vertical du pouvoir et la représentation strictement horizontale d’une contestation ? Depuis 2007 et l’élection à la présidentielle de Nicolas Sarkozy, on assiste à une démolition systématique, organisée et parfaitement réfléchie des corps intermédiaires : syndicats, médias, tissus associatifs, élus locaux, qui répond à une doctrine martiale : un chef est là pour cheffer et il ne doit pas y avoir d’intermédiaire. Le revers de la médaille étant qu’il n’y a plus personne pour faire tampon, pas même le Premier ministre.

Une population, chauffée à blanc depuis 10 ans, à qui on a seriné que les corps intermédiaires ne servaient plus à rien — et piétinant ainsi allégrement tout l’héritage institutionnel de la Ve République — s’est retournée contre ce pouvoir vertical. Souhaitant une application stricte de la démocratie liquide, chaque voix a le même poids qu’une autre. Cela se traduit par un combat d’images, mais aussi un combat de messages.

Le mouvement des Gilets jaunes : Printemps arabe ?

Cette désorganisation populaire donne lieu à une quantité délirante de messages conspirationnistes, des plus amusants — la Constitution a été abolie par décret — aux plus inquiétants — l’État aurait volontairement envoyé des casseurs. Certains commentateurs sont allés jusqu’à qualifier le mouvement des Gilets jaunes de Printemps arabe. Au-delà de la boutade saisonnière, non seulement les revendications qui ont donné lieu aux Printemps arabes sont très différentes, le contexte et les réponses de l’État le sont également.

À titre d’illustration, il suffit de se promener sur Facebook : certaines personnes, sur des évènements publics et ouverts, n’ont pas hésité à se vanter d’avoir commis des actes pénalement répréhensibles lors des manifestations, en utilisant leurs profils Facebook, profils complètement accessibles avec prénom, nom, employeur, situation maritale, géolocalisation et photos de la commission des actes. Ce type de comportement de l’autre côté de la Méditerranée quelques années plus tôt aurait eu d’autres conséquences. On mesure donc ici le ridicule de la comparaison.

On passera également sur le délire — au sens psychiatrique du terme — de certains politiques pompiers-pyromanes qui font un parallèle avec la Révolution française et appellent ouvertement à la sédition et à la violence. Ces personnes seraient bien inspirées de lire ce qu’il est advenu des grandes figures de la Révolution française. 

Même sur un chan IRC ou Mastodon, il y a des règles à respecter

En face, le politique est désemparé. L’opposition essaie de prospérer sur cette contestation, sans être entendue ni bien accueillie pendant que la majorité essaie de sauver les meubles localement.

Dans cette histoire, il y a un absent : les 28 %. Si on part du postulat que 72 % des Français soutiennent au moins en partie ce mouvement, il reste 28 % qui ne le soutient pas ou qui fait preuve d’indifférence. C’est la voix que l’on n’entend pas et pour cause : les voix en faveur de cette contestation sont plus fortes en nombre, mais de par sa désorganisation, a le champ libre pour multiplier les interventions.

Les règles en matière de répartition du temps de parole du CSA ne peuvent pas s’appliquer et la viralité des réseaux sociaux fait que c’est un combat perdu d’avance. On parle de crise de la représentativité, mais l’absence de résonance des voix discordantes ou raisonnables comme on aime à les qualifier, montre bien que la parfaite horizontalité ne peut pas fonctionner dans un État aussi grand et aussi peuplé que la France. Dans les structures de taille modeste, cela est faisable, sous réserve que certaines règles soient instaurées. Même sur un chan IRC ou sur les instances Mastodon, il y a des règles à respecter.

Un apéro géant Facebook qui a réussi

Les éléments les plus durs — des deux côtés — seront les plus audibles, mais les plus modérés, les plus ouverts à la discussion ne seront pas entendus. On dit qu’il faut 10 minutes d’explication pour démonter un mensonge de 5 secondes. Que ce soit sur la fiscalité, les institutions ou l’économie, on ne peut pas apporter de réponse simple, binaire, car il y a toujours un préalable consistant à mettre tout le monde au même niveau d’information. Accessoirement, notre monde n’est ni simple ni binaire. Nous ne sommes pas isolés du reste de la planète. Sauf qu’un tweet idiot est plus viral qu’une explication froide.

Les réseaux sociaux sont vendus comme des outils permettant la libre expression de chacun alors qu’il devient de plus en plus criant qu’ils puissent aussi étouffer certaines voix : les militantes féministes et LGBTI+ en font l’amère expérience tous les jours.

Plus qu’un Printemps arabe, les Gilets jaunes sont un apéro géant Facebook qui a réussi, mais personne n’a envie de faire le ménage après la fête.   

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Publié par le 7 décembre 2018 dans Divers, Facebook, Politique, Réseau social, Société

 

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Facebook garde un œil sur les mouvements de votre souris

 

Source : ZDNet

Juridique : Aux États-Unis, Facebook a livré ses réponses écrites à questions posées par les élus du Congrès lors de l’audition de Mark Zuckerberg. Le réseau social clarifie notamment les données qu’il collecte sur ses utilisateurs et sur la surveillance de leur activité.

Le réseau social Facebook a publié en ligne un épais document rassemblant toutes les réponses écrites ayant été transmises aux élus américains à la suite de l’audition de son dirigeant Mark Zuckerberg par le Congrès. L’audience avait été particulièrement longue et les réponses écrites de Facebook sont à l’avenant : compilées, celles-ci représentent un peu plus de 225 pages, visant à apporter une réponse aux quelque 2000 questions écrites posées par le Congrès.

Si vous trouviez donc que l’audition au Congrès avait été un peu courte, c’est donc sur ce document qu’il vous faudra vous pencher . Facebook y détaille notamment les données que le réseau social collecte sur les utilisateurs, sur son site et de manière générale.

On y apprend ainsi que Facebook n’hésite pas à analyser les mouvements de souris de l’utilisateur : l’objectif affiché par le réseau social est avant tout de renforcer la sécurité de ses utilisateurs en utilisant cette métrique pour déterminer si l’utilisateur qui se connecte au réseau est un humain ou un bot. C’est globalement la même méthode que celle utilisée par Google et ses captchas, qui analysent le mouvement du pointeur de la souris pour vérifier qu’un internaute est bien humain.

Outre ces informations, le réseau social explique également dans ses réponses aux questions des élus américains collecter plusieurs types de données sur les internautes : système d’exploitation, matériel, versions utilisées, niveau de batterie, espace disque, présence ou non de connectivité bluetooth, nom des fichiers et leurs types ainsi que les informations liées à leur navigateur et aux plug-ins utilisés.

Facebook explique également collecter les données liées au fournisseur d’accès de l’utilisateur et à son type de connexion à internet, ainsi que les données liées « aux appareils situés à proximité » tels que des TV ou appareils domotiques connectés. Enfin, Facebook collecte les données liées au GPS, aux photos ou à la caméra de l’appareil si l’utilisateur a donné l’autorisation d’accès à l’une des applications mobile de Facebook.

Comme l’expliquait également le directeur de la sécurité de Facebook, ces informations ainsi que les informations liées aux sites visités par les utilisateurs sont utilisées par les équipes de sécurité de Facebook afin de vérifier que l’utilisateur qui se connecte à leur service est bien un utilisateur légitime.

 
 

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