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Archives de Tag: Cancer

Leucémie, succès d’une première immunothérapie ciblée

 

Source : Paris Match

Leucémie, succès d’une première immunothérapie ciblée

Dr Valérie Lapierre | Photo Emmanuel Bonnet

 

Le Dr Valérie Lapierre* explique l’action d’un nouveau traitement utilisant les propres cellules du malade.

Sabine de la Brosse – Paris Match

Paris Match. Quel est le processus malin d’un cancer du sang ou leucémie ?
Dr Valérie Lapierre. Nos cellules sanguines (issues des cellules souches de la moelle osseuse) se renouvèlent en permanence, mais ont une durée de vie limitée. En cas de cancer, elles ne meurent plus et n’arrêtent jamais de se diviser. De ce fait, ces cellules devenues cancéreuses envahissent les tissus sains, d’abord la moelle osseuse mais aussi le foie, la rate, les ganglions. Il existe plusieurs sortes de ces leucémies, dont les aigües (touchant surtout l’enfant) et les lymphoïdes chroniques, forme la plus fréquente chez l’adulte (après 65 ans).

Comment se développe une leucémie lymphoïde chronique ?
Il y a quasiment toujours dans le sang une augmentation des lymphocytes B, comparables à un des “corps d’armée” du système immunitaire. Leur rôle est de sécréter des sortes de missiles ciblés (anticorps) dirigés spécifiquement contre un agent extérieur, tels des virus, des bactéries… Dans ces formes chroniques, les lymphocytes B prolifèrent indéfiniment et vont envahir la moelle osseuse.

Quelles sont les conséquences de ce dysfonctionnement ?
Les cellules du sang ne se développent plus normalement. Les plaquettes diminuent en nombre et ont des difficultés à réparer les vaisseaux sanguins, favorisant la survenue d’hémorragies. Les globules blancs, en nombre insuffisant, ne protègent plus correctement contre les infections. Et la baisse du taux de globules rouges (particulièrement touchés) entraine une anémie.

Y a-t-il différents stades de gravité ?
Il y en a quatre.
1. Le taux de lymphocytes a doublé mais sans symptôme apparent.
2. Le foie et la rate ont augmenté de volume (avec ou sans ­envahissement ganglionnaire).
3. On décèle une anémie plus ou moins importante avec fatigue et essoufflement.
4. Les défenses immunitaires sont extrêmement affaiblies. Les infections sont alors fréquentes : le traitement est indispensable, la durée de vie risque d’être significativement diminuée.

Quelle est habituellement la prise en charge ?
Elle consiste à administrer un traitement de chimiothérapie avec des drogues qui éliminent les cellules cancéreuses. Certaines tuent aussi les cellules saines, d’où une fatigue encore plus grande. Dans certains cas, on envisage une greffe de moelle. Le but est de détruire complètement celle du malade pour la remplacer par une moelle saine. Le traitement est particulièrement sévère car des complications peuvent survenir. Les patients greffés ont environ une chance sur deux d’être totalement guéris. Cette stratégie ne peut être envisagée qu’à la condition d’avoir un donneur compatible.

Quelle est l’action du nouveau traitement publié dans “New England Journal of Medicine” ?
Il s’agit d’une immunothérapie cellulaire ­ciblée. Le procédé s’applique en plusieurs étapes.
1. On prélève puis isole certaines cellules sanguines du patient : les lymphocytes T.
2. On les cultive en laboratoire dans le but de les “dresser” (en modifiant leur génome) pour qu’ils aillent repérer spécifiquement les lymphocytes B cancéreux et les détruisent.
3. On réinjecte ces lymphocytes modifiés au patient par voie intraveineuse. Dans une étude réalisée par une équipe de l’université de Pennsylvanie, ce traitement a été administré à trois malades au stade 4 d’une leucémie lymphoïde chronique. Ces cellules génétiquement transformées se sont comportées comme “des tueurs en série”.

Quels ont été les résultats ?
Ils suscitent un grand espoir : onze mois après la thérapie, chez deux d’entre eux, on a obtenu une rémission complète. L’état du troisième s’est fortement amélioré. Les effets secondaires se sont traduits transitoirement par une fièvre et des nausées.

Ce succès va-t-il conduire à des essais pour d’autres cancers ?
Avec une approche d’immunothérapie différente, nous conduisons actuellement dans notre institut une étude pour le cancer du poumon. Les premiers résultats sont encourageants. Il est certain que le succès de l’étude américaine soulève de grands espoirs pour d’autres types de cancers.
* Chef du centre de thérapie cellulaire à l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy

 
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Publié par le 9 novembre 2011 dans Médicament, Santé, Sciences

 

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Cancer du col de l’utérus : Gare au Gardasil

 

Source : France Soir

Dans une lettre au ministre de la Santé Xavier Bertrand, des praticiens estiment que l’efficacité de l’un des deux vaccins commercialisés en France, le Gardasil, (Sanofi Pasteur MSD) doit être mise en doute.

Le Gardasil est commercialisé en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD depuis novembre 2006

Le Gardasil est commercialisé en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD depuis novembre 2006 SIPA

Qu’est-ce que le Gardasil ? Un médicament prescrit pour prévenir le cancer du col de l’utérus et qui, finalement, fait vivre un enfer au quotidien à deux sœurs qui ont été vaccinées. En effet, Laura Agnès et Laëtitia Celli, 16 et 20 ans, raconte les effets secondaires qu’elles doivent subir, sur le site lemonde.fr. Depuis leur vaccination, les deux adolescentes ont vu leur santé se détériorer gravement et leur vie changer en profondeur. Paralysie de trois mois de la jambe gauche, trois hospitalisations et une polyradiculonévrite chronique diagnostiquée pour Laura.  Fièvres, nausées et vertiges quotidiens pour Laëtitia Celli. Vendredi 8 juillet, les deux jeunes filles ont envoyé une demande d’indemnisation à la commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de Lyon, dont elle dépendent, annonce l’article. Me Charles Jospeh-Oudin, l’avocat des deux plaignantes, explique que d’autres demandes d’indemnisation « suivront ».

 

Un courrier au ministre

Un collectif de médecins se dit préoccupé par les campagnes de vaccination « contre le cancer du col de l’utérus » et a adressé un courrier au ministre de la Santé Xavier Bertrand. Et de commenter : « Le cancer du col est-il vraiment un problème de santé publique en France au sens où l’entendent les épidémiologistes ? La question mérite d’être posée, car en réalité, on assiste depuis 1980 à une baisse régulière du nombre de nouveaux cas et de la mortalité liée à cette affection ». Pour eux, « la seule et unique mesure de prévention associée à cette baisse régulière est le dépistage régulier par un frottis cervico-utérin ». Ils poursuivent : « Le millier de femmes qui meurent chaque année en France de ce cancer sont essentiellement des femmes qui n’ont pas été suivies régulièrement par frottis. » Ils précisent que le nombre de cas n’a pas augmenté et qu’il n’y a donc pas d’épidémie.

Pour le collectif, non seulement l’efficacité du vaccin Gardasil est loin d’être démontrée, mais il suggère aussi de reconsidérer l’autorisation de mise sur le marché au niveau européen et de suspendre le remboursement en attendant de disposer de preuves solides de cette efficacité. Depuis sa mise en vente en novembre 2006, le Gardasil, commercialisé en France par le laboratoire Sanofi Pasteur MSD, fait l’objet de nombreuses polémiques dans le secteur médical où l’on s’interroge sur les effets secondaires méconnus du vaccin.

 
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Publié par le 12 juillet 2011 dans Médicament, Santé

 

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Cancer : 365.500 nouveaux malades en 2011

 

Source : France Soir

 

Malgré des progrès dans la prévention et la recherche, la hausse des cas de cancer et des décès liés à la maladie se poursuit.

Les cancers du poumon causent la mort de près de 30.000 personnes par an.

Les cancers du poumon causent la mort de près de 30.000 personnes par an. SIPA

Les années passent, et le nombre de cas de cancer ne cesse de grimper. 365.500 nouveaux malades seront diagnostiqués en 2011, soit un bond de 2,2% par rapport à l’an dernier, selon la dernière projection de l’Institut national de veille sanitaire (Invs), révélée aujourd’hui. Parmi eux, 207.000 hommes et 158.500 femmes seront touchés. Le nombre de décès devrait croître lui aussi, avec 147.500 morts, en progression de 0,7%. L’Invs estime ainsi que 84.500 hommes et 63.000 femmes succomberont à la maladie en 2011. Le vieillissement et la croissance de la population expliquent en partie ces prévisions peu optimistes.
Pour aboutir à ces résultats, l’Institut a travaillé à partir de ses propres données, de celles de l’Institut national du cancer (INCa) et des Hospices civils de Lyon, ainsi que celles du réseau français des registres du cancer, qui couvre 20% de la population de l’hexagone. Plusieurs scenarii de projection ont ensuite été étudiés, s’attachant à la fois à l’incidence de la maladie et aux différents types de cancers selon leur localisation.

 

Cancers du poumon au féminin

Chez l’homme, celui de la prostate (71.000 cas, 8.700 décès), du poumon (27.500 cas, 21.000 décès) et du colon-rectum (21.500 cas, 9.200 décès) demeurent les plus fréquents. Chez les femmes, une seule relative « bonne » nouvelle : le cancer du sein, s’il est le plus fréquent, touche toujours de moins en moins de femmes (53.000 cas en 2011). En causant 11.500 morts par an, un chiffre en baisse constante depuis 15 ans, cette forme reste néanmoins la plus mortelle pour les Françaises. Mais l’étude de l’Invs souligne une tendance inquiétante : la hausse des cas de cancer du poumon, avec un bond de 20% des nouvelles malades cette année. Cette forme de cancer, très difficile à soigner, affiche une mortalité en augmentation permanente, avec 8.100 décès en 2011, en hausse de 5%.

 
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Publié par le 11 juillet 2011 dans Santé, Société

 

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Cancer : scandale et espoir déçu

 

Source : Paris Match

 

Cancer : scandale et espoir déçu

Duke University Medical Center. L’université a mis fin aux recherches du Dr Potti. | Photo Ildar Sagdejev (Wikimedia Commons)

 

Ce devait être une révolution: la guérison du cancer grâce aux derniers développements de la recherche sur les gènes. Mais Juliet Jacobs, une patiente atteinte d’un cancer des poumons, a été la victime des apprentis sorciers de l’Université de Duke en Caroline du Nord. Et le traitement qui devait la sauver l’a tué. Histoire d’un scandale dévoilé par le « New York Times ».

Emilia Capitaine

  • A l’origine de ce qui devait être une percée spectaculaire dans le traitement d’un cancer, un jeune chercheur le Dr Anil Potti et son équipe de l’Université de Duke. Leur méthode : évaluer les cellules cancéreuses afin de cibler quels étaient leurs gènes et déterminer ainsi les médicaments appropriés. En d’autres termes ce sont les gènes mêmes des cellules du cancer qui mettront en évidence ses points faibles et permettront de le vaincre. Cette nouvelle stratégie vise un succès quasiment à coup sûr en évitant des traitements inefficaces et des longs tâtonnements incertains.

Ce programme de l’Université de Duke se veut une des premières incarnations de la nouvelle génomique – discipline de la biologie qui vise à l’analyse moléculaire et physiologique complète du matériel héréditaire des organismes vivants. Il illustre une tendance très nette au sein de la communauté médicale mondiale qui espère que la génétique améliorera la détection et le traitement des cancers.

Mais ce qui devait être une avancée spectaculaire dans le traitement du cancer a abouti à un échec retentissant. La thérapie a échoué et Juliet Jacobs est morte de son cancer. Bien que la communauté scientifique s’accorde à dire que le recours à la génétique est très prometteur, aucune méthode fiable et efficace n’a encore été trouvée. L’erreur des chercheurs de l’Université de Duke est de s’être précipité en affirmant qu’ils pourraient soigner des patients atteints du cancer sur la base de l’étude de leurs gènes.

Des travaux entachés d’erreurs

Et cette prise de risque irresponsable – compte tenu de la gravité de la maladie en jeu et des espoirs suscités – a suscité de vives réactions. De nombreuses critiques et des cris d’alarme se sont fait entendre au sein du monde scientifique.

Mais ce qui aurait dû n’être que l’échec retentissant d’une thérapie expérimentale s’est transformé en scandale lorsqu’il a été révélé que ce traitement révolutionnaire reposait en fait sur des travaux de recherche entachés d’erreurs et menés par un médecin qui aurait falsifié son CV.

Comme le raconte le «New York Times», L’histoire démarre pourtant sous les meilleures auspices en novembre 2006 lorsque le journal de référence « Nature Medicine »   publie un article écrit par Anil Potti – jeune chercheur à l’Université de Duke – et son équipe. Cette publication porte sur leurs tests des molécules d’une tumeur cancéreuse et de calcul de la meilleure chimiothérapie possible en fonction de ces tests.

À la suite de cette découverte d’autres groupes de recherche sur le cancer essaient de reproduire l’expérience ; plusieurs de ces équipes font appel à deux statisticiens – Keith Baggerly et Kevin Coombes – pour examiner les travaux du Dr Potti. Ils décèlent immédiatement deux erreurs. Mais l’équipe de Duke refuse de tenir compte de leurs inquiétudes, prétendant qu’il s’agit de simples « erreurs de lecture » et se lance dans trois essais sur des patients. Keith Baggerly et Kevin Coombes qui avaient publié leur analyse dans « The Annals of Applied Statistics », une revue très peu lue par les scientifiques ont également attiré l’attention de l’Institut national pour le cancer sur les dangers de cette thérapie. Face à leurs critiques l’Institut renonce à soutenir le programme de l’Université de Duke.

C’est à la faveur de la publication professionnelle « The Cancer Letter » que l’attention et l’intérêt de l’ensemble de la communauté scientifique se réveillent. Cette publication révèle que le chercheur à la tête du programme, Anil Potti, aurait falsifié certains aspects de son CV, prétendant entre autre avoir bénéficié d’une bourse Rhodes – bourse qui permet à son détenteur d’étudier à l’Université d’Oxford. En conséquence, quatre papiers portant sur les gènes et le cancer ont été retirés de « Nature Medicine », l’Université de Duke a mis fin à trois essais qui portaient sur les résultats de l’expérience de l’équipe du Dr Potti et ce dernier a dû démissionner.  Point final

 
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Publié par le 10 juillet 2011 dans Médicament, Santé, Sécurité

 

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Greffe à Bobigny d’une bronche artificielle, une 1ère mondiale dans le cancer du poumon

Source : France Soir

Première mondiale à l’hôpital Avicenne de Bobigny (AP-HP) : l’équipe du Pr Emmanuel Martinod a greffé avec succès une bronche artificielle chez un patient de 78 ans atteint de cancer, lui évitant l’ablation complète du poumon.

Cette innovation chirurgicale, réalisée le 28 octobre 2009, "a permis non seulement d’ôter la lésion cancéreuse avec des marges de sécurité plus importantes, mais aussi d’éviter l’ablation complète prévue du poumon, intervention comportant un très haut risque de mortalité postopératoire", a indiqué l’AP-HP dans un communiqué.

Le patient "va très bien", a précisé à l’AFP le Pr Emmanuel Martinod, chirurgien thoracique et vasculaire, qui a réalisé l’intervention. "Il justifie d’une surveillance régulière, mais il va bien, il marche, il va dans sa maison de campagne".

Actuellement, la chirurgie est le meilleur traitement des formes précoces non-métastasiques du cancer broncho-pulmonaire, le plus meurtrier des cancers.

Si la tumeur se situe en périphérie du poumon, seule une partie du poumon est enlevée. Mais si la tumeur est plus centrale, une ablation complète peut être nécessaire. La mortalité post-opératoire est alors plus élevée, jusqu’à 26% à 90 jours. "Même si on peut vivre avec un seul poumon, l’ablation du poumon est l’intervention la plus risquée, toutes chirurgies confondues", a expliqué le Pr Martinod. "Notre démarche repose sur 10 années de recherche", a souligné le Pr Martinod, estimant néanmoins "qu’il faut rester très prudent".

La bronche artificielle est constituée d’un tissu biologique (tissu aortique) renforcé par une structure métallique interne (stent).

La greffe de tissu aortique, préservé par le froid et stocké dans une banque de tissus, déjà utilisé en chirurgie vasculaire, présente l’avantage de ne pas nécessiter de médicaments anti-rejet, contre-indiqués dans les cancers. Le stent est quant à lui "vraiment adapté à l’opération", a précisé le chirurgien.

Le tissu aortique constitue une "matrice" que viennent coloniser les cellules bronchiques pour reconstituer un épithélium avec ses cellules ciliées.

Les travaux expérimentaux ont été réalisés dans le laboratoire de Recherche biochirurgicale du Pr Alain Carpentier, mondialement connu pour la mise au point des bioprothèses valvulaires cardiaques.

Une étude sur 20 à 30 patients doit démarrer ce mois-ci pour confirmer ce premier résultat qui fait l’objet d’une publication dans la revue The Annals of Thoracic Surgery.

L’équipe continue également de travailler en laboratoire sur le stent, dans l’objectif de pouvoir un jour l’enlever.

Une conférence de presse est prévue jeudi à 14h30 à l’hôpital Avicenne à Bobigny, en présence du Pr Martinod, du Pr Dominique Valeyre (chef du pôle hémato-onco-thorax) et du Pr Carpentier.

 
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Publié par le 3 mars 2011 dans Santé

 

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