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Archives de Tag: Enquête

Clavier français AZERTY vs. BEPOE : l’Afnor veut votre avis

 

Source : ZDNet

Technologie : Mis à jour à 16h – L’Afnor avait été chargée de définir une nouvelle norme de clavier afin de faciliter la frappe en français, langue qui comporte de nombreux caractères spéciaux. Aujourd’hui, l’Agence de normalisation présente ses premières propositions et invite les internautes à donner leurs avis sur le sujet.

En début d’année 2016, le ministère de la Culture avait chargé l’Afnor, l’agence française de normalisation, de se pencher sur l’élaboration d’une nouvelle norme pour les claviers français. Celle-ci devait prendre en compte la spécificité du français et permettre un accès rapide aux accents et autres caractères spéciaux communs dans notre orthographe. Celui-ci aura vocation à harmoniser les claviers commercialisés en France.

« Il parait indispensable que ce clavier permette l’utilisation aisée non seulement du français, mais aussi des différentes langues présentes sur notre territoire, que ce soit des langues régionales ou des langues étrangères » écrivait dans son communiqué le ministère de la Culture. Et au passage, cette nouvelle norme devra également prévoir moyen simple d’entrer les caractères accentués majuscules. On avouera que l’utilisation de la commande alt + 144 pour faire apparaitre le É n’est peut être pas un trésor d’intuitivité pour les utilisateurs.

« Ces limitations matérielles ont même conduit certains de nos concitoyens à penser que l’on ne devait pas accentuer les majuscules, confortés, même, par certains services de l’État qui jusqu’à encore récemment renseignaient les bases administratives françaises en majuscules et sans aucun accent » ajoutait à ce sujet la Délégation générale à la Langue Française et aux langues de France.  

Le projet devait initialement être présenté au public à l’été 2016, mais celui-ci semble avoir pris un peu de retard puisque le groupe de l’Afnor n’ouvre qu’aujourd’hui sa consultation sur ses premières propositions de clavier. Propositions au pluriel, car l’Afnor présente deux dispositions de clavier dans ses documents : l’un est une version améliorée et réadaptée de la disposition azerty, la plus commune en France, tandis que l’autre est une version revue et corrigée de la disposition BEPO.

Dans un communiqué, l’Afnor invite donc les utilisateurs intéressés à se pencher sur les propositions afin de donner leur avis sur celles-ci. « Tout le monde ou presque utilise un clavier aujourd’hui, donc nous nous attendons à recevoir beaucoup de commentaires, comme en témoignent les échanges sur Twitter autour du mot dièse #clavierfrançais », explique dans un communiqué Philippe Magnabosco, chef de projet à l’Afnor.

On peut en effet s’attendre à ce que le grand public s’intéresse aux dispositions proposées par l’Afnor, mais il faudra y mettre les formes, ce qui risque de décourager un certain nombre de commentateurs. L’AFNOR demande en effet une inscription sur son site et propose aux utilisateurs de remplir un tableau de commentaires en respectant plusieurs règles explicitées par l’Afnor sur son site.

Et le tableau devra être envoyé au format .docx, n’en déplaise aux amateurs de logiciels libres. Au vu de telles règles, l’Afnor ne risque pas de crouler sous les commentaires. Le délai pour les commentaires court jusqu’au 9 juillet, puis une réunion officielle sera organisée à Paris le 12 juillet afin de dépouiller les différentes suggestions.

L’objectif est de permettre une version finale de cette norme qui sera publiée en septembre. Celle-ci ne sera pas contraignante, mais les constructeurs pourront choisir de l’adopter afin de proposer des dispositions de clavier mieux adaptes aux utilisateurs français.

 
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Publié par le 8 juin 2017 dans Clavier français, Enquête

 

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La justice soupçonne des sénateurs UMP de détournements de fonds publics

 

Source : Le Parisien.fr

Enquête. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire sur des faits de possibles détournements de fonds publics opérés au profit de plusieurs sénateurs UMP. Les soupçons portent sur près de 400 000 € ponctionnés dans les caisses du Sénat.

Stéphane Sellami | Publié le 20.05.2014, 07h32

 

La justice enquête sur de possibles détournements de fonds au profit de plusieurs sénateurs UMP.

La justice enquête sur de possibles détournements de fonds au profit de plusieurs sénateurs UMP. | François Guillot

Parmi les rangs des sénateurs, l’information n’avait pas jusqu’ici fuité, mais elle risque de se répandre rapidement avec l’audition probable de plusieurs d’entre eux. Selon nos informations, le parquet de Paris vient d’ouvrir une information judiciaire pour des faits de « détournements de fonds publics », « abus de confiance » et « blanchiment ».

Une instruction confiée au juge René Cros et qui fait suite à une enquête préliminaire de plusieurs mois menée par les policiers de la brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA).
Au cœur de cette affaire apparaissent deux associations de loi 1901, l’Union républicaine du Sénat (URS) et le Cercle de réflexion et d’études sur les problèmes internationaux (Crespi). Selon les premières investigations, l’URS, dont le siège est situé à Saint-Valérien (Yonne), a perçu des fonds de la part du groupe UMP du Sénat, versés par la questure de la chambre haute, avant de les rétrocéder à ses membres… Les détournements de fonds pourraient s’élever à près de 400 000 €, en l’espace de deux ans.
Désigné comme le donneur d’ordre de plusieurs versements suspects, Jean-Claude Carle, sénateur UMP de Haute-Savoie et trésorier du groupe, a été auditionné librement par les enquêteurs au mois de septembre 2013 .
Les policiers de la BRDA ont été chargés d’enquêter sur cette affaire après un signalement de la cellule de lutte anti blanchiment Tracfin.
Rembourser des frais de relations publiques
« Ce service avait adressé, au mois de juin 2012, un rapport au procureur de la République de Paris, après avoir repéré des flux financiers suspects entre les comptes de l’URS et ceux du Crespi, révèle un proche de l’affaire. Entre les mois de décembre 2009 et mars 2012, l’URS a édité plusieurs chèques à destination d’une trentaine des 130 représentants UMP au Sénat pour un montant avoisinant les 210 000 €. Sur la même période, un virement de 70 000 € a également été effectué par l’URS au profit du Crespi. Les comptes de l’Union républicaine du Sénat ont aussi été débités de près de 113 000 € en espèces. »
Par la suite, près de 60 000 € ont encore été retirés, toujours en espèces, des comptes du Crespi. Des fonds qui auraient ensuite été remis, en partie, à Jean-Claude Carle.
Toujours selon nos informations, ces sommes issues du budget du palais du Luxembourg auraient notamment servi à rembourser les frais de relations publiques des sénateurs UMP, membres de l’URS, au cours de différentes élections.
Par ailleurs, les enquêteurs de la BRDA ont également établi que plusieurs chèques débités sur les comptes de l’URS avaient été émis sur instruction de Jean-Claude Carle, qui en aurait aussi signé plusieurs, alors qu’il n’en avait pas la possibilité.
Au cours de son audition, le sénateur, âgé de 65 ans, également vice-président de la chambre haute, a reconnu avoir paraphé une quarantaine de chèques, « pensant détenir une délégation de signature » en tant que trésorier du groupe UMP, et a nié « avoir perçu des espèces ». Les investigations se poursuivent.

Jean-Claude Carle : «Je n’ai pas reçu d’argent»

Sollicité lundi, Jean-Claude Carle a confirmé avoir été « auditionné librement » au mois de septembre 2013 par les policiers de la BRDA. « Ils voulaient connaître la nature des relations entre le groupe UMP du Sénat et l’association de l’Union républicaine du Sénat (URS), qui regroupe une soixantaine de sénateurs issus des rangs des anciens Républicains indépendants (RI) et centristes, précise l’élu. Au sein de l’URS, nous nous réunissons à trois ou quatre reprises dans l’année pour débattre de différents problèmes politiques et d’actualité. L’URS n’a aucun lien avec le Crespi, qui émane de la mouvance centriste. Je ne me souviens pas avoir signé de chèques au titre de l’URS. Cette association ne verse pas non plus d’argent à ses membres. En tout cas, pas à ma connaissance. Les enquêteurs m’ont effectivement posé la question de savoir si j’avais touché de l’argent du Crespi. Je n’en ai jamais reçu. »

 
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Publié par le 20 mai 2014 dans Enquête, Politique, Sénateur

 

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Les nouveaux ossements retrouvés sont bien ceux d’Alexandre Junca

 

Source : Le Parisien 

 

C'est au milieu de ces gravas en bordure du Gave de Pau que les enquêteurs ont retrouvé mercredi, de nouveaux restes du corps d'Alexandre Junca, 13 ans, disparu le 4 juin dernier.

C’est au milieu de ces gravas en bordure du Gave de Pau que les enquêteurs ont retrouvé mercredi,
de nouveaux restes du corps d’Alexandre Junca, 13 ans, disparu le 4 juin dernier. | AFP/Thierry Suire

 

Les analyses ont parlé. Quatre mois après avoir retrouvé un fémur appartenant à Alexandre Junca, cet adolescent de 13 ans disparu mystérieusement le 4 juin à Pau, les enquêteurs viennent de confirmer que les nouveaux morceaux de corps découverts mercredi sont bien ceux de la jeune victime.

 

SUR LE MÊME SUJET

    «Les résultats ADN confirment qu’il s’agit bien d’Alexandre», atteste lui-même le procureur de la République de Pau, Jean-Christophe Muller.
    Les ossements d’Alexandre ont été trouvés mercredi au milieu d’un amoncèlement de gravats, qui sert de digue provisoire dans la Gave, la rivière qui traverse la ville de Pau. Le mystère s’épaissit encore avec cette nouvelle découverte. Les enquêteurs ont noté en effet, que la construction provisoire de cette digue coïncidait justement entre le jour de la disparition du jeune garçon, le 4 juin dernier, et la première découverte de son fémur, le 26 juin. 
    Reste à déterminer si le corps d’Alexandre était déjà au fond de l’eau, avant la mise en place de cette digue – dans cette hypothèse, les gravats auraient été déchargés sur sa dépouille – ou si son cadavre a été placé dans l’un des camions chargés de remblayer la Gave avec ces mêmes débris de roche.  
    Alexandre avait disparu le 4 juin, alors qu’il revenait d’une soirée entre amis à vélo. Il devait ensuite rentrer chez son père. Depuis ce soir-là, il n’avait donné plus aucun signe de vie. Sa disparition, d’abord qualifiée d’inquiétante, avait rapidement fait place à l’ouverture d’une enquête pour «assassinat», le 30 juin à Pau après la découverte de son fémur, entouré de chair.

     
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    Publié par le 22 octobre 2011 dans Divers, Enquête

     

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    Administration de la honte : onze heures de queue et une nuit dehors

    Source : Rue 89

    Pour un simple document, Florian a dû passer la nuit dehors, dans le froid, avec des dizaines d’autres personnes, devant la sous-préfecture d’Antony. Récit.

    Des gens attendent devant la sous-préfecture d’Antony, dans la nuit du 12 au 13 octobre (Florian Julien)

    Dans son précédent témoignage, Florian racontait la galère que sa femme (japonaise) et lui ont dû affronter pour obtenir une copie du titre de séjour de celle-ci, après le vol de son sac à main. Arrivés très tôt deux matins de suite, la queue était trop longue et ils n’ont pas été reçus par la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine). Ils ont donc convenu qu’il fallait passer la nuit devant l’administration, comme de nombreuses personnes, pour avoir une chance de pouvoir rentrer.

    Refusant de laisser ma femme coucher dehors pour un coup de tampon sur une feuille, je m’y suis donc rendu dans la nuit du 12 au 13 octobre, à minuit. Voici le récit de ma nuit passée à faire la queue avec des dizaines d’autres étrangers.

    Minuit, déjà du monde. Ambiance chaleureuse

    Lorsque j’arrive devant la porte de la sous-préfecture d’Antony, située loin de tout commerce, restaurant ou café, une dizaine de personnes d’origines et de nationalités très différentes sont déjà présentes.

    Mais contrairement à ce que j’imaginais, l’ambiance est plutôt chaleureuse et le petit groupe d’inconnus qui s’est formé discute joyeusement. Les anecdotes de chacun, les échanges sont souvent conclus par des éclats de rires collectifs. En fait, on ressent tous la même chose : ce soir, nous sommes frères, frères de galère. Et ça, forcément, ça rassemble. Je suis un peu rassuré. La nuit ne sera peut-être pas si longue. Ou plutôt non, elle sera juste un peu moins pénible…

    1 heure du matin. Quelques gâteaux circulent

    Une queue se forme et une trentaine d’individus campe déjà sur place, alignés. Tous sont là pour la même chose : entrer dans ce lieu qu’est la sous-préfecture d’Antony, symbole d’archaïsme administratif et coupable d’agissements graves sur des individus.

    Certains ont apporté des chaises. Les autres sont assis sur les murets ou à même le sol. Il ne fait pas encore trop froid. Quelques gâteaux circulent. L’ambiance reste joyeuse et chaque nouveau galérien est accueilli chaleureusement par les autres. Ça ne va pas durer.

    2 heures. Le calvaire d’une jeune étudiante brillante

    A 2 heures du matin, la jeune fille située juste derrière moi et originaire d’un pays du Golfe reçoit un appel téléphonique. Le dialogue qui s’ensuit me paraît surréaliste. Ce que je retiendrai de celui-ci, c’est cette phrase :

    « Oui, oui C’est bon ! Je suis trop contente, je suis dans les vingt premiers ! Cette fois, je crois que ça passera. Ouais, bonne nuit ! »

    Comment peut-on décemment être « trop contente » de passer la nuit dehors pour quelques formalités administratives de base ?

    Voulant éclaircir le mystère de cette joie insensée, j’entreprends une discussion plus sérieuse avec cette jeune femme, qui s’avère être une étudiante brillante, parfaitement trilingue et suivant des cours dans une grande école. Elle me relate son expérience :

    « En fait, c’est le cinquième jour que je fais la queue. La première fois, la personne du standard téléphonique d’Antony m’a dit de me présenter à la sous-préfecture, en me conseillant cependant de “venir un peu en avance, car il y a un peu de monde le matin”. Je suis donc arrivée à 8 heures, soit 45 minutes avant l’ouverture. En découvrant qu’il y avait 300 personnes, j’ai halluciné. Evidemment, on ne m’a pas fait entrer.

    Je suis donc revenue le lendemain, à 7 heures. Là encore, trop de monde. Le surlendemain, je suis venue à 6 heures. Idem, impossible d’entrer. Le quatrième jour, je suis donc arrivée à 4h30, pensant que cette fois, ce serait bon ! Mais je suis repartie en pleurant, dégoûtée de m’être derechef fait renvoyer !

    Cependant, comme la loi m’oblige à faire cette foutue démarche, je n’ai pas eu le choix : ce soir, je dors devant la porte de la sous-préfecture. Mais je suis bien contente d’être dans les premières ! Et puis ne nous plaignons pas. Il ne pleut pas, il ne gèle pas. Ça pourrait être pire… »

    Et quand je lui demande ce qu’elle est venue faire exactement comme démarche, sa réponse a de quoi choquer davantage :

    « Oh, je suis juste venue pour faire un changement d’adresse sur ma carte de séjour. Je viens de déménager… »

    3 heures. Il fait froid. Nous sommes 65.

    Pendant que nous discutons et refaisons le monde, d’autres personnes continuent d’affluer. Il est 3h30 du matin et il commence vraiment à faire froid. Tout devient calme.

    Certains étalent des journaux sur le béton et s’allongent, comme des SDF. Tous se réchauffent avec leurs gros pulls apportés pour l’occasion. Deux jeunes femmes grelotent sous leurs couvertures et l’une d’elle lance, sans que personne ne le remarque :

    « Nous sommes déjà environ 65 et nous n’osons même pas nous avouer la cruelle réalité qui nous fait face : dans vingt ou trente minutes, tous ceux qui débarqueront ici ne seront pas garantis de pouvoir entrer dans la sous-préfecture. Cette dernière n’accepte en effet que 80 personnes en moyenne par jour. »

    Une jeune femme essaie de dormir devant la sous-préfecture d’Antony, dans la nuit du 12 au 13 octobre (Florian Julien)

    4h30. Déjà trop de monde

    Je suis fatigué mais je n’arrive pas à fermer l’œil. La file s’étend désormais jusqu’au coin du bâtiment. Je quitte mon rang pour me dégourdir les jambes et je discute avec un Vietnamien et un Congolais qui viennent d’arriver. Ils ne sont pas certains d’être dans la partie qui parviendra jusqu’au guichet. Mais ils restent dans la queue, car ils espèrent.

    Le Congolais, chef d’entreprise, m’explique :

    « La situation est intolérable. Je suis un homme d’affaires e t j’ai vécu quinze ans dans plus de cinq pays. La France est le seul qui ne permette pas de faire de telles démarches par Internet. Ou au moins une partie ! On ne peut même pas imprimer les formulaires en avance !

    Mais personne ici n’ose crier son dégoût. Parce que si tu fais trop de bruit dans un établissement public, un vigile te tombe dessus et tu es mis dehors. Donc tu n’as pas d’autre choix que de l’écraser. »

    7 heures. 250 personnes

    J’ai somnolé trente minutes et je suis éreinté. Tous mes voisins sont recroquevillés sous leurs couvertures. Deux Coréennes regardent sans se lasser des films sur leur ordinateur portable depuis minuit. Les batteries d’ordinateur sont visiblement plus résistantes que nous.

    Je lève la tête et je constate que la file est désormais immense. L’ambiance n’est plus vraiment à la solidarité car on ressent une concurrence féroce entre toutes les personnes présentes. Chacun se dévisage et les regards en disent long : il vaut mieux être devant que derrière son prochain.

    Mais de toute façon, c’est peine perdue, les trois-quarts n’entreront pas aujourd’hui dans la sous-préfecture. Il reste 2h45 avant que les portes ne s’ouvrent… Il fait froid. Ma femme m’envoie un texto. Elle est dans le RER et arrive avec quelques croissants à distribuer. Le jour se lève.

    8h20. Je cède ma place à ma femme

    J’ai la tête vidée. Un vigile et une jeune policière arrivent pour organiser la file d’attente qui dépasse sûrement les 300 personnes. On sent que la situation est un peu tendue mais les deux représentants de l’ordre public sont aimables. Tout se passe bien.

    La plupart des hommes de nationalité française ayant couché ici pour permettre à leurs femmes de rester au chaud cèdent leur place. Moi aussi, je laisse ma femme prendre ma position. Mon épouse est extrêmement gênée et presque honteuse de pouvoir passer devant tous ces gens qui ont attendu si longtemps dehors…

    8h45. Au compte-goutte… l’indignation règne

    Les portes ouvrent à l’heure, à 8h45, et nous passons au compte-goutte. J’ai beau être arrivé le dixième hier soir, ma femme reçoit le numéro 20. Les dix autres étant des femmes enceintes et des personnes jugées prioritaires. On nous annonce qu’il nous faudra cependant attendre environ deux heures supplémentaires pour qu’un guichet se libère. Pour moi, cette attente interminable devient un supplice. Pour les autres aussi. Mais au moins, il fait chaud à l’intérieur du bâtiment.

    Dehors, l’indignation règne. Plus de 220 personnes se voient refoulées et on leur demande de revenir plus tôt le lendemain. Certaines femmes, pourtant arrivées vers 5h30, se mettent à pleurer. Je constate avec aberration que plutôt que de remettre en question ses prestations de service (inexistant), l’administration française préfère faire jouer la surenchère du « lève tôt ». Je me dis qu’à ce rythme, il faudra bientôt passer deux nuits dehors pour espérer entrer dans ce fichu bâtiment.

    11 heures. Amabilité et service minimum

    Il est 11 heures pile et notre numéro est enfin appelé. L’accueil que nous réserve la guichetière est glacial. Je ne distingue même pas son « bonjour ». En dix minutes, tout est réglé. Ma femme obtient le récépissé pour sa carte de séjour volée dans le métro parisien.

    Pour ne pas avoir à revenir dans cet enfer et par manque d’informations précises, nous avons apporté le maximum de documents. Et la guichetière a visiblement trouvé utile de nous le faire remarquer. D’un ton extrêmement désobligeant, elle nous lance :

    « C’est juste pour un duplicata, pas une demande ! Je n’ai pas besoin de tout ça ! »

    L’amabilité cadavérique de cette femme contraste terriblement avec la magnifique tenue colorée antillaise qu’elle porte sur elle. La fatigue m’est finalement d’une grande utilité : je n’ai même pas la force de lui balancer à la figure tout le bien que je pense de son manque de recul, de courtoisie et de considération.

    Une jeune femme essaie de dormir devant la sous-préfecture d’Antony, le matin du 13 octobre (Florian Julien)

    A 11h05, la queue s’est volatilisée

    Je viens de faire onze heures de queue, dans le froid, uniquement pour déposer quatre malheureuses photocopies (facture EDF, passeport, déclaration de vol, et trois photos d’identité.). La présence du demandeur étant obligatoire, il n’est même pas possible d’envoyer simplement ces documents par La Poste.

    A l’extérieur, tout est étrangement désert. La queue s’est volatilisée.

    En tout, nous avons attendu 23 heures en espérant pouvoir entrer dans ce Disneyland de l’administration française. Mais avec les manèges, l’accueil et les rires en moins…

    Pour info, la démarche que nous venons d’opérer va nous couter 155 euros. Et cette somme qui nous est demandée me laisse une nouvelle fois un arrière-goût amer dans la bouche. J’ai un peu l’impression d’avoir payé une chambre d’hôtel. Sauf que les piaules du prestigieux « hôtel France » sont collectives, à la belle étoile et qu’en guise de matelas, on nous offre une dalle en béton.

    Y a des gens qui intenteraient des procès pour moins que ça. Le sous-préfet d’Antony, lui, il continue de dormir sur ses deux oreilles de Mickey.

     
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    Publié par le 16 octobre 2011 dans Divers, Enquête, Général, Politique

     

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