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Archives de Tag: Médicament

Prothèses PIP : le système d’indemnisation des victimes dévoilé

 

Source : Radins.com

Santé

Les victimes des prothèses mammaires PIP vont finalement être indemnisées par l’assureur de l’ex-fabricant varois englué dans un véritable scandale sanitaire. Allianz a dévoilé lundi le plan d’indemnisation des 30 000 femmes françaises victimes de Jean-Claude Mas.

@Shutter

Allianz va indemniser les victimes des prothèses PIP

Allianz, l’assureur du fabricant de prothèses mammaires PIP, va finalement indemniser les 30 000 femmes victimes de cette entreprise varoise. L’assureur a dévoilé lundi le système d’indemnisation qui devrait « verser de manière rapide et équitable des indemnités » aux victimes françaises du docteur Jean-Claude Mas, fondateur et PDG de Poly Implant Prothèses.

Une demande d’indemnisation sur Internet

Le procédé est simple. Si vous avez été victime de ces prothèses mammaires nocives, vous avez à compter de ce mardi un mois pour demander une indemnisation via le site Internet indemnitepip.fr. Vous remplissez votre dossier en ligne. Une fois cela fait, l’assureur Allianz devrait étudier votre dossier sous les deux semaines à suivre et évaluer le montant du préjudice subi, qui fixera le montant de votre indemnisation.

Un plafond de garantie fixé par la justice à trois millions d’euros

En ce qui concerne le versement de cette indemnisation, il ne devrait pas intervenir avant le 16 mars prochain. A noter toutefois que la justice a fixé un plafond de garantie à trois millions d’euros, que toutes les victimes devront se partager. Soit en moyenne 100 euros par personne. Ne vous attendez donc pas à une indemnisation excessive. Bien entendu les montants varieront en fonction des cas.
Enfin, sachez que pour toute question ou demande d’information quant à cette procédure, Allianz a mis en place un numéro vert qui permet de se renseigner sur le dispositif : le 0 805 01 70 80.

 
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Publié par le 27 janvier 2015 dans Arnaque, Médicament, Santé, Société

 

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Un nouveau médicament testé contre l’alcoolisme

 

Source : Le Parisien

 

Ce médicament atténue l’envie de boire et²² stimule l’énergie.

Ce médicament atténue l’envie de boire et stimule l’énergie. | (DR.)

 

Chaque année, en France, entre 40000 et 60000 décès sont directement liés à l’alcoolisme. Afin de mettre au point un nouveau traitement, la société D&A Pharma, basée à Paris, lance actuellement une campagne de recrutement pour étudier les effets de l’Alcover auprès de 495 patients en Europe. Parmi eux, 100 sont recherchés dans l’Hexagone.

« Nous vivons un moment historique. En France, le dernier médicament concernant l’alcool date de 1996! » s’enthousiasme le professeur Henri-Jean Aubin, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne) et coordinateur en France des études sur l’Alcover. Une molécule pourtant synthétisée en France… dès les années 1960. Il s’agit de l’oxybate de sodium, plus connu sous le nom de GHB, la drogue du violeur. « Evidemment, notre produit est bien plus pur, avec des doses à respecter. Et nous n’envisageons pas de fournir ce traitement aux médecins généralistes », avance Patrice Debrégeas, patron de D&A Pharma, qui a acheté les droits internationaux de l’Alcover, utilisé en Italie et en Autriche depuis plus de quinze ans.
Un traitement polyvalent
Dans ces pays, un taux de 80 à 85% d’abstinence alcoolique est annoncé au bout de six mois de traitement. « C’est un taux supérieur à tout ce qui existe aujourd’hui. Pour mes collègues italiens, c’est le traitement de référence », précise le professeur Aubin. L’Alcover, qui influe sur deux neurotransmetteurs, atténue l’envie de boire et stimule l’énergie. « C’est un traitement polyvalent, prescrit à toutes les phases de la maladie, y compris la période délicate du sevrage », complète Patrice Debrégeas. Mais « il ne dispense pas des psychothérapies ou des groupes de parole ».
Seul bémol pour l’instant, le recrutement de patients pour l’étude sur l’Alcover reste difficile. « Le Baclofène a bénéficié d’un fort écho médiatique, ce qui n’est pas le cas pour l’instant à ce nouveau traitement », justifie l’addictologue. « L’alcoolisme est encore trop vu comme un problème uniquement comportemental, ajoute le chef d’entreprise. Certains malades se résignent, d’autres sont honteux ou se voilent la face. » La mise sur le marché de l’Alcover pourrait intervenir fin 2014. Le marché des médicaments contre l’alcoolisme se chiffre aujourd’hui dans le monde à environ 130 M€. Dans les années à venir, il pourrait dépasser plusieurs milliards.

Numéro vert destiné aux volontaires pour l’étude sur l’Alcover : 0805.210.010.

 
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Publié par le 4 mars 2013 dans Essai, Europe, Médicament, Santé

 

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Pilule : l’agence du médicament suspend les ventes de Diane 35

 

Source : Le Parisien

Le Diane 35 qui est prescrit à 300 000 femmes en France en tant que contraceptif
vient d’être suspendu par l’Agence du médicament.
  ( (LP/Elodie Napoléon.) )

 

L’agence du médicament (ANSM) a engagé une procédure de suspension de mise sur le marché du médicament Diane 35 et de ses génériques. Cette décision, annoncée ce mercredi par Dominique Maraninchi, le patron de l’autorité sanitaire, intervient après la réunion d’un «comité technique» sur la question des pilules contraceptives et de Diane 35 qui s’est tenue lundi à l’ANSM.

 

Après les pilules de 3e et 4e génération accusées de risques accrus de formation de caillots sanguins, ce traitement contre l’acné a été pointé du doigt par l’Agence du médicament, qui a confirmé quatre décès «liés» à ce médicament utilisé comme contraceptif.
«L’ANSM a réévalué le bénéfice/risque de Diane 35 dans sa seule indication autorisée : le « traitement de l’acné chez la femme. L’efficacité est modérée et ne s’observe qu’après plusieurs mois de traitement », précise l’Agence. Elle ajoute : « De nouvelles données démontrent notamment un risque thromboembolique veineux quatre fois plus élevé que celui des femmes qui ne prennent pas ces traitements. Il existe par ailleurs des alternatives pour le traitement de l’acné. Dans ce contexte, l’ANSM considère que le rapport bénéfice/risque de Diane 35 et ses génériques est défavorable dans le traitement de l’acné.»
En outre, l’Agence considère que ces médicaments ne doivent plus être employés comme contraceptifs : «Ils n’ont pas d’autorisation de mise sur le marché pour cette indication», reprend l’agence.

300 000 femmes en France prennent Diane 35

La suspension de mise sur le marché prendra effet dans trois mois. Mais en attendant, les médecins ne devront plus prescrire ce médicament et les pharmaciens devront être vigilants lors de sa délivrance. Cependant, l’Agence du médicament demande aux femmes qui prennent Diane 35 de ne pas interrompre brutalement la prise des comprimés. Elles doivent se rendre chez leur médecin pour trouver un traitement de substitution.
L’agence indique qu’une analyse spécifique et des mesures concernant l’utilisation de Diane 35 seraient rendues publiques prochainement. Elle a pour l’instant fait état sur ces 25 dernières années de quatre décès «imputables à une thrombose veineuse liée à Diane 35». Ce traitement des laboratoires de l’allemand Bayer contre l’acné mais à l’usage détourné comme contraceptif oral est prescrit, actuellement, à plus de 300 000 femmes en France.

 
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Publié par le 31 janvier 2013 dans Médicament, Santé, Sécurité, Société

 

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23 médicaments que la Sécurité sociale ne remboursera plus

 

Source : Challenges.fr

 

 

Le Journal officiel a publié ce vendredi une nouvelle liste de spécialités pharmaceutiques qui seront désormais à la charge intégrale du patient. Parmi  elles, 3 médicaments de Servier.

La liste des médicaments que la Sécu ne rembourse plus s'est encore allongée avec les radiations annoncées ce 10 août au Journal Officiel. (SIPA)

La liste des médicaments que la Sécu ne rembourse plus s’est encore allongée avec les radiations annoncées ce 10 août au Journal Officiel. (SIPA)

Sur le même sujet

Le Journal officiel a publié ce vendredi 10 août une liste de 23 médicaments que la Sécurité sociale ne remboursera plus aux assurés. Ces radiations concernent trois spécialités pharmaceutiques des laboratoires Servier : le Bipreterax et le Preterax, deux médicaments prescrits pour lutter contre l’hypertension, et un antidiabétique, le Glucidoral.

Figure également dans cette liste, une spécialité du suisse Pfizer que connaissent bien les athlètes : l’advil dans sa version "gel", une pommade à base d’ibuprofène destinée à soigner les entorses et les tendinites.

Vous trouverez la liste complète des médicaments radiés dans le document PDF à cette adresse
http://www.scribd.com/document_downloads/102522611?extension=pdf&from=embed

 
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Publié par le 11 août 2012 dans Médicament, Santé, Société

 

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Contrôle des médicaments: ce que la réforme va changer

 

Source : Lexpress

 

Contrôle des médicaments: ce que la réforme va changer

L’Afssaps, très critiquée dans le scandale du mediator, est remplacée par l’Ansm.

 

Une agence du médicament qui change de nom, des mesures pour prévenir les conflits d’intérêts, démontrer l’efficacité d’un nouveau produit… La réforme du contrôle des médicaments adoptée ce lundi par le Parlement veut prévenir un nouveau Mediator. 

Eviter un nouveau scandale du Mediator. Le Parlement a adopté définitivement ce lundi la réforme du contrôle des médicaments, présentée par le ministre de la Santé Xavier Bertrand, lors d’un ultime vote à l’Assemblée nationale. Une réforme qui a pour objectif de redonner confiance dans les médicaments

L’Afssaps devient l’Ansm

Un point symbolique. L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), très critiquée pour sa passivité face aux laboratoires Servier dans l’affaire du Mediator, est remplacée par une Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm), aux pouvoirs accrus. 

Clarifier les liens avec les laboratoires

Les responsables et experts d’autorités sanitaires devront déposer et actualiser une déclaration publique d’intérêts sur leurs liens avec l’industrie pharmaceutique dans les cinq dernières années. 

Le rôle passé de l’agence du médicament a d’ailleurs de nouveau été mis en cause durant les débats, après que le Figaro.fr a écrit ce lundi qu’un de ses anciens responsables, le professeur Jean-Michel Alexandre, avait perçu entre 2001 et 2009 près de 1,2 million d’euros de rémunération des laboratoires Servier.  

Démontrer l’efficacité d’un nouveau médicament

Selon la réforme adoptée, l’Agence pourra demander à l’industrie pharmaceutique de mener des essais comparatifs pour montrer l’amélioration d’un nouveau produit par rapport à un médicament existant. 

En raison de la règlementation européenne, ces essais, dont les modalités seront fixées par décret, ne pourront cependant pas être imposés au laboratoire pour l’autorisation de mise sur le marché d’un médicament. Ils seront en revanche obligatoires, lorsqu’ils seront techniquement possibles, pour que le produit soit remboursé par la Sécurité sociale. 

Protéger et encadrer les professionnels

Un professionnel de santé qui alerterait les autorités sanitaires sur la nocivité d’un médicament sera protégé de toute sanction ou discrimination, en particulier de la part de son employeur. 

Sauf pour certains médicaments, les visiteurs médicaux présentant de nouveaux produits à l’hôpital devront le faire devant un groupe de médecins, et non plus en face à face avec un seul praticien.  

 
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Publié par le 20 décembre 2011 dans Médicament, Santé, Sécurité, Société

 

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Leucémie, succès d’une première immunothérapie ciblée

 

Source : Paris Match

Leucémie, succès d’une première immunothérapie ciblée

Dr Valérie Lapierre | Photo Emmanuel Bonnet

 

Le Dr Valérie Lapierre* explique l’action d’un nouveau traitement utilisant les propres cellules du malade.

Sabine de la Brosse – Paris Match

Paris Match. Quel est le processus malin d’un cancer du sang ou leucémie ?
Dr Valérie Lapierre. Nos cellules sanguines (issues des cellules souches de la moelle osseuse) se renouvèlent en permanence, mais ont une durée de vie limitée. En cas de cancer, elles ne meurent plus et n’arrêtent jamais de se diviser. De ce fait, ces cellules devenues cancéreuses envahissent les tissus sains, d’abord la moelle osseuse mais aussi le foie, la rate, les ganglions. Il existe plusieurs sortes de ces leucémies, dont les aigües (touchant surtout l’enfant) et les lymphoïdes chroniques, forme la plus fréquente chez l’adulte (après 65 ans).

Comment se développe une leucémie lymphoïde chronique ?
Il y a quasiment toujours dans le sang une augmentation des lymphocytes B, comparables à un des “corps d’armée” du système immunitaire. Leur rôle est de sécréter des sortes de missiles ciblés (anticorps) dirigés spécifiquement contre un agent extérieur, tels des virus, des bactéries… Dans ces formes chroniques, les lymphocytes B prolifèrent indéfiniment et vont envahir la moelle osseuse.

Quelles sont les conséquences de ce dysfonctionnement ?
Les cellules du sang ne se développent plus normalement. Les plaquettes diminuent en nombre et ont des difficultés à réparer les vaisseaux sanguins, favorisant la survenue d’hémorragies. Les globules blancs, en nombre insuffisant, ne protègent plus correctement contre les infections. Et la baisse du taux de globules rouges (particulièrement touchés) entraine une anémie.

Y a-t-il différents stades de gravité ?
Il y en a quatre.
1. Le taux de lymphocytes a doublé mais sans symptôme apparent.
2. Le foie et la rate ont augmenté de volume (avec ou sans ­envahissement ganglionnaire).
3. On décèle une anémie plus ou moins importante avec fatigue et essoufflement.
4. Les défenses immunitaires sont extrêmement affaiblies. Les infections sont alors fréquentes : le traitement est indispensable, la durée de vie risque d’être significativement diminuée.

Quelle est habituellement la prise en charge ?
Elle consiste à administrer un traitement de chimiothérapie avec des drogues qui éliminent les cellules cancéreuses. Certaines tuent aussi les cellules saines, d’où une fatigue encore plus grande. Dans certains cas, on envisage une greffe de moelle. Le but est de détruire complètement celle du malade pour la remplacer par une moelle saine. Le traitement est particulièrement sévère car des complications peuvent survenir. Les patients greffés ont environ une chance sur deux d’être totalement guéris. Cette stratégie ne peut être envisagée qu’à la condition d’avoir un donneur compatible.

Quelle est l’action du nouveau traitement publié dans “New England Journal of Medicine” ?
Il s’agit d’une immunothérapie cellulaire ­ciblée. Le procédé s’applique en plusieurs étapes.
1. On prélève puis isole certaines cellules sanguines du patient : les lymphocytes T.
2. On les cultive en laboratoire dans le but de les “dresser” (en modifiant leur génome) pour qu’ils aillent repérer spécifiquement les lymphocytes B cancéreux et les détruisent.
3. On réinjecte ces lymphocytes modifiés au patient par voie intraveineuse. Dans une étude réalisée par une équipe de l’université de Pennsylvanie, ce traitement a été administré à trois malades au stade 4 d’une leucémie lymphoïde chronique. Ces cellules génétiquement transformées se sont comportées comme “des tueurs en série”.

Quels ont été les résultats ?
Ils suscitent un grand espoir : onze mois après la thérapie, chez deux d’entre eux, on a obtenu une rémission complète. L’état du troisième s’est fortement amélioré. Les effets secondaires se sont traduits transitoirement par une fièvre et des nausées.

Ce succès va-t-il conduire à des essais pour d’autres cancers ?
Avec une approche d’immunothérapie différente, nous conduisons actuellement dans notre institut une étude pour le cancer du poumon. Les premiers résultats sont encourageants. Il est certain que le succès de l’étude américaine soulève de grands espoirs pour d’autres types de cancers.
* Chef du centre de thérapie cellulaire à l’Institut de cancérologie Gustave-Roussy

 
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Publié par le 9 novembre 2011 dans Médicament, Santé, Sciences

 

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Ma chienne est morte, j’enquête sur la pénurie de médicaments

 

Source : Rue 89

 

Par Pauline Curtet | Journaliste | 05/09/2011 |

Un labrador noir (Heather Buckley/Flickr/CC).

Ma chienne Tequila, un labrador âgé de 8 ans, est morte en juin après l’arrêt de son traitement au Syncortyl. Ce médicament, sous forme de piqûre, permet de soigner la maladie d’Addison, une insuffisance endocrinienne qui empêche la production d’hormones par les glandes surrénales.

Pour le dire plus simplement : sans traitement, ma chienne ne mangeait plus, ne buvait plus et se mettait à trembler à cause de courbatures. Sous traitement, prescrit par son vétérinaire, elle était en pleine forme.

Début juin, ma famille apprend auprès de notre pharmacien que le Syncortyl est en rupture de stock. Une course contre la montre s’engage. Chaque jour, l’état de Téquila se dégrade. Elle tremble de plus en plus, ne boit plus et ne mange plus.

Nous tentons de trouver des produits remplaçant le Syncortyl. Envisageons d’en commander auprès d’un laboratoire canadien. Pour la première fois, nous explorons des sites canins, qui parlent aussi du problème. Nous ne trouvons pas de solution. Tequila meurt, probablement d’une crise cardiaque, une semaine après l’arrêt de son traitement.

 

« Ces ruptures de stock sont de plus en plus nombreuses »

Je commence par m’insurger : comment un laboratoire, en l’occurrence Sanofi-Aventis, peut-il arrêter ainsi un traitement régulier, distribué en pharmacie à de nombreux chiens ? Derrière les explications simplistes qui mettraient en avant la recherche de profit du laboratoire, je me dis qu’il se cache quelque chose de plus compliqué.

J’ai raison. Après quelques coups de fil, je me rends compte que cette histoire est bien complexe. Il reste des stocks de Syncortyl, qui sont destinés aux centres hospitaliers. Ils servent à traiter en urgence des enfants développant la maladie d’Addison. Les pharmaciens de ville ne sont plus autorisés à distribuer ce médicament.

La première question vient naturellement : pourquoi une rupture de stock survient-elle ainsi, menaçant la sécurité sanitaire de personnes atteintes d’une maladie très rare ?

Une représentante de la fédération des syndicats pharmaceutiques de France m’apporte une partie de la réponse :

« Ces ruptures de stock sont de plus en plus nombreuses, notamment depuis les trois dernières années. Des raisons, il y en a beaucoup…

En tout cas, c’est très embêtant, notamment dans le cas des antirétroviraux, utilisés dans le traitement du sida. »

Les labos accusent les grossistes qui accusent les labos qui…

En entendant ces exemples, je me sens un peu ridicule, à chercher à comprendre les raisons de la mort d’un chien. Je me rends compte que la production d’un médicament peut s’arrêter du jour au lendemain, laissant des malades sur le bord de la route.

A qui la faute ? Il semble que les laboratoires rejettent la responsabilité sur les « grossistes répartiteurs », chargés d’approvisionner les pharmacies. Bien sûr, les grossistes accusent les laboratoires. Dans tous les cas, des médicaments manquent à l’appel.

 

Pas d’autorisation de mise sur le marché… canin

Je contacte l’association Surrénales, qui représente notamment les personnes atteintes de la maladie d’Addison. Sa présidente m’apprend que le Syncortyl ne possède en fait qu’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les humains. Pas pour les animaux.

Je n’ai pourtant pas rêvé. Chaque semaine depuis près de trois ans, nous injections du Syncortyl à ma chienne. Sans nous douter que ce médicament ne lui était pas officiellement destiné.

En m’intéressant égoïstement à la mort de ma chienne, j’ai quand même fait une découverte intéressante : les laboratoires pharmaceutiques ne contrôlent pas le circuit de distribution de leurs produits.

 

« Nous avons reçu les plaintes de propriétaires de chiens… »

Sanofi-Aventis me confirme la chose. Son attachée de presse déclare :

« Le laboratoire ne savait pas que ce traitement était prescrit par des vétérinaires avant qu’il n’entre en rupture de stock. C’est lorsque nous avons reçu les plaintes de propriétaires de chiens que nous avons compris. »

Pourtant, les clients venaient avec une ordonnance à la pharmacie. Ils payaient ces médicaments. Comment le laboratoire ne pouvait-il pas savoir ?

« Nous distribuons les médicaments aux pharmaciens, selon ce qu’ils commandent. Après, nous ne contrôlons pas les ordonnances. Nous ne savons pas si le prescripteur est un vétérinaire ou un médecin. »

Pourquoi les labos restent-ils dans l’ignorance ?

Etrange découverte. Les laboratoires ne fonctionnent pas comme toute autre entreprise commerciale, qui vendrait son produit en étudiant précisément les usages qui en seront faits. Certes, le médicament est un produit un peu particulier. Il soigne des gens. Ce qui n’empêche pas de se demander : pourquoi le laboratoire reste-t-il dans cette ignorance ?

Si les laboratoires ne maitrisent pas la distribution de médicaments, se pose alors la question de leur usage. N’importe quel quidam peut venir en pharmacie, muni d’une ordonnance vétérinaire, demander un produit qui n’est normalement destiné qu’aux humains. Une utilisation parallèle s’est-elle développée ?

En fait, il semble que la distribution de médicaments hors autorisation de mise sur le marché (« hors AMM ») soit monnaie courante.

 

Les enfants, le plus souvent soignés hors AMM

Télécharger le compte-rendu des Assises du médicament (PDF).Pour en savoir plus, je m’intéresse au compte-rendu des Assises du médicament, transmis par la revue médicale Prescrire. Il date du 30 mars 2011. (Télécharger le compte-rendu des Assises du médicament)

Par ce compte-rendu, je m’aperçois que la prescription hors AMM est une pratique répandue dans le corps médical. J’apprends même que les enfants sont le plus souvent, soignés hors AMM :

« Globalement, on peut estimer que deux tiers des médicaments prescrits chez l’enfant le sont hors AMM. »

La recherche pharmaceutique se concentre en effet sur les adultes, les tests cliniques sur les enfants étant difficiles à effectuer. Ces derniers doivent donc s’adapter aux traitements des premiers, alors que l’AMM ne les inclue pas dans son aire d’autorisation.

 

Pour la régulation des prescriptions hors AMM

Les prescriptions hors AMM peuvent être utiles. Une autorisation de mise sur le marché ne reflète que partiellement l’état des connaissances sur un médicament. Des prescriptions faites en marge de cette autorisation peuvent donc permettre d’ajuster les usages de chaque traitement. Tout repose sur un équilibre entre le bénéfice et le risque de la prescription.

Cependant, ces utilisations hors AMM doivent faire l’objet de déclarations de la part des médecins et des pharmaciens. Ce qui n’est pas toujours le cas. En sachant que le but de ces prescriptions hors AMM est de faire évoluer l’AMM, il est simple de comprendre que si ces usages périphériques ne sont pas signalés, cela risque d’engendrer un désordre important dans la distribution des médicaments.

La revue Prescrire se déclare favorable à certains types de prescriptions hors AMM. Pour autant, elle milite pour un encadrement de ces pratiques. Le 17 mai 2011, suite aux Assises du médicament, elle préconisait la création d’une instance régulatrice des prescriptions hors AMM :

« La première mission de cette instance est de se prononcer sur la pertinence et les risques de l’usage hors AMM d’un médicament dans une situation clinique donnée. »

Aujourd’hui, ces prescriptions hors AMM restent dans le flou. Il est très difficile de les mesurer et de les détecter, et ce manque d’encadrement peut avoir des conséquences très graves. L’exemple du Mediator, révélé par la revue Prescrire, est flagrant.

Voilà comment, à partir de la mort d’un chien, je me rends compte que le circuit de distribution des médicaments s’apparente à une sorte de jungle, bien difficile à réguler.

 
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Publié par le 5 septembre 2011 dans Santé, Sécurité

 

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