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Archives de Tag: PIP

L’argent secret de Jean-Claude Mas

 

 

Source : Le Parisien

Le fondateur des prothèses PIP affirme avoir très peu d’argent pour vivre. Or, les enquêteurs viennent de retrouver la trace d’un chèque de 124800 € à son ordre viré sur un compte au Costa Rica.

Jean-Claude Mas, ici au Costa Rica en juin 2010, est emprisonné aux Baumettes à Marseille depuis un mois, car il avait refusé de payer sa caution fixée  à 100 000 €. Pourtant, la police marseillaise s’intéresse de près au montage financier de la société PIP.

Jean-Claude Mas, ici au Costa Rica en juin 2010, est emprisonné aux Baumettes à Marseille depuis un mois, car il avait refusé de payer sa caution fixée à 100 000 €. Pourtant, la police marseillaise s’intéresse de près au montage financier de la société PIP. | (AFP/INTERPOL.)

Jean-Claude Mas est-il aussi pauvre qu’il le dit ? Depuis un peu plus d’un mois, le 6 mars exactement, le patron de la société d’implants mammaires Poly Implant Prothèses dort en prison. Il est aux Baumettes à Marseille, en préventive, pour quatre mois, car il a refusé de payer sa caution fixée par la juge à 100000 €.
Ses faux seins ont provoqué des soucis de
santé importants à plusieurs centaines de milliers de femmes dans le monde, obligées de se faire réimplanter d’autres prothèses.

L’ex-représentant en pharmacie est mis en examen pour « blessures involontaires » et pour « homicide involontaire » sur deux de ses clientes, au motif que le gel frelaté des prothèses de sa société aurait pu causer chez elles des cancers mortels.
Mais en dehors de cet aspect du dossier, les enquêteurs sont également intrigués par le volet
financier. Ils s’interrogent sur les revenus de l’homme d’affaires déchu de La Seyne-sur-Mer (Var). Selon ses dires, il est pauvre comme Job. Il a déclaré pendant sa garde à vue « vivre avec 900 € par mois, reversant la moitié de sa retraite dans un viager ». Et il a juré « ne pas détenir d’actions dans des sociétés en France ou à l’étranger ». Pourtant, cette version laisse très sceptique les policiers.
Selon nos informations, ceux-ci ont récemment retrouvé la trace d’un virement de 124800 € adressé à Jean-Claude Mas en septembre 2010 et versé sur un compte au Costa Rica. Mas se trouvait sur place à cette période, dans le cadre de son activité de diversification en Amérique centrale de son commerce d’implants mammaires. On ne sait pas encore qui a versé l’argent, mais cela relance l’hypothèse d’un commerce juteux dans ce pays, qui avait d’ailleurs émis un mandat de recherche Interpol à son encontre.
D’autres éléments attestent des revenus très confortables du fondateur de PIP. Claude Couty, le numéro deux de l’entreprise varoise, a déclaré aux enquêteurs le 26 janvier dernier qu’« à partir de mars 2005, M. Mas ayant pris sa retraite à 65 ans, le conseil de surveillance a décidé de lui verser 300000 € par an sous forme de jetons de présence. Ce montant lui a aussi été versé au cours des années suivantes ».
Confronté à ces déclarations par les enquêteurs, Jean-Claude Mas a botté en touche en affirmant que « ces paiements étaient très irréguliers, il pouvait y en avoir plusieurs par mois comme rien du tout pendant plusieurs mois ». Il paraît toutefois étonnant que le patron d’une société classée numéro quatre mondiale sur le marché des implants mammaires puisse de fait être sur la paille. La brigade financière de Marseille enquête de son côté sur une plainte déposée contre lui pour « banqueroute frauduleuse, abus de biens sociaux, organisation frauduleuse d’insolvabilité, blanchiment aggravé et corruption ».
Les policiers se demandent si la mise en liquidation de la société PIP ne cache pas une évasion à grande échelle de capitaux à l’étranger. L’étude du montage financier de la société fait apparaître différentes sociétés écrans, localisées au Luxembourg (sous le nom de Milo Finance et de Penny Holding) et au Etats-Unis (sous celui d’Heritage Worldwide). Ils se demandent pourquoi le méridional sans le sou a concocté un montage si compliqué. A moins que l’argent ne lui revienne par d’autres circuits…

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Publié par le 11 avril 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Le patron des prothèses PIP est en prison

 

Source : Libération

Le fondateur de la société varoise de fabrication de prothèses mammaires PIP, Jean-Claude Mas, au centre d’un vaste scandale sanitaire, a été incarcéré ce mardi à la prison des Baumettes de Marseille pour défaut de paiement de caution.

Le fondateur de Poly Implant Prothèses (PIP) avait été mis en examen à Marseille pour «blessures involontaires», après avoir été interpelé le 26 janvier au domicile de sa compagne à Six-Fours-les-Plages (Var). Il a aussi été placé sous statut de témoin assisté pour le chef «d’homicides involontaires», le lien entre le port des implants incriminés et deux décès recensés à ce jour restant à démontrer.

L’entrepreneur avait alors été placé sous contrôle judiciaire par la juge Annaïck Le Goff, la magistrate marseillaise chargée du dossier, contre le versement d’une caution de 100 000 euros, avec interdiction de quitter le pays et de fabriquer des produits de santé.

Jean-Claude Mas a été incarcéré mardi à la demande de la juge, selon la même source. Son avocat n’était pas joignable mardi soir pour réagir à cette incarcération.

Premier procès fin 2012 ou début 2013

PIP a utilisé illégalement à la fin des années 2000 un gel de silicone fait maison dans la majeure partie de ses implants mammaires, en remplacement d’un gel médical homologué, jusqu’à leur retrait du marché français ordonné par les autorités sanitaires début 2010.

Face aux risques de ruptures et d’irritations présentés par ces prothèses, le gouvernement a recommandé fin décembre dernier aux 30 000 femmes porteuses de PIP en France de se les faire retirer. Cette préconisation a été reprise par plusieurs gouvernements étrangers.

De 400 000 à 500 000 femmes seraient porteuses d’implants PIP dans le monde, ce qui a donné un caractère international à ce scandale sanitaire.

Claude Couty, l’autre principal dirigeant de la société, avait également été mis en examen fin janvier. Fin février, ce sont trois cadres de l’entreprise (liquidée en 2010) qui se sont vu signifier leur mise en examen pour blessures involontaires avec manquement à une obligation de prudence et de sécurité, et leur placement sous statut de témoin assisté pour homicides involontaires.

Un autre volet judiciaire du scandale PIP – une procédure pour «tromperie aggravée» – devrait donner lieu à un premier procès fin 2012 ou en janvier 2013 à Marseille. Plus de 2 500 porteuses d’implants ont déposé plainte dans cette procédure.

 

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Publié par le 7 mars 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Implants mammaires: les écarts de PIP signalés dès 1996

 

Source : Le Monde

 

Dans l'affire PIP, la fraude ne fait aucun doute.

Dans l’affaire PIP, la fraude ne fait aucun doute.AFP/SEBASTIEN NOGIER

 

Les prothèses frauduleuses PIP ont été retirées du marché en 2010 mais, dès 1996, les pratiques de la société de Jean-Claude Mas ont interpelé les autorités. C’est ce que révèle le rapport remis, mercredi 1er février, au ministre de la santé par le directeur général de la santé, Jean-Yves Grall, et le patron de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), Dominique Maraninchi. Tous deux étaient chargés de détecter d’éventuels dysfonctionnements de la part des autorités depuis la création de PIP en 1991. "Il n’y a pas eu de défaillances majeures des autorités, mais un problème d’encadrement global des dispositifs médicaux", conclut Nora Berra, secrétaire d’Etat à la santé.

Cependant, ce qui frappe à la lecture de la longue chronologie reconstituée à partir des archives de la direction des hôpitaux puis de l’Afssaps, c’est que la correspondance entre PIP et les autorités a été abondante. "Rapidement après le début de la commercialisation des prothèses mammaires internes par la société PIP et quel que soit leur contenu (sérum physiologique, hydrogel ou gel de silicone), on retrouve des signalements de ruptures, des échanges de courriers et des contrôles", relève le rapport.

L’histoire s’est répétée : une dénonciation a facilité la découverte de la fraude lors d’une inspection en 2010, alors que les autorités s’inquiétaient des hausses de ruptures d’implants. Mais le 12 août 1996 déjà, la direction des hôpitaux (DH) recevait courriers et fax anonymes indiquant que la société PIP ne respectait pas de nombreux règlements. Les autorités sanitaires du département sont saisies, le procureur de Toulon est alerté. Six mois plus tard, la DH constate "un risque élevé de ruptures au niveau de la pastille d’occlusion", suspend l’autorisation provisoire de mise sur le marché des prothèses en sérum physiologique, et rappelle ces produits. L’interdiction est levée dix jours plus tard, M. Mas s’étant montré persuasif.

Ce n’est qu’un début. Fin 2000, l’Afssaps suspend pour quatre mois la mise sur le marché des prothèses en silicone, faute de "garanties suffisantes" sur la biocompatibilité des implants. Le répit ne dure que quelques mois. En juin 2001, les inspecteurs contrôlent PIP et relèvent des "non-conformités importantes" sur les prothèses en silicone qui ne permettent de garantir ni leur qualité ni "la sécurité de la santé publique". Mais encore une fois, M. Mas convainc par ses réponses et détourne l’attention des autorités.

MANQUE DE COMMUNICATION

Après, plus rien. Aucune inspection n’est diligentée jusqu’en 2010. L’Afssaps ne se base que sur les certifications de TÜV Rheinland et sur les signalements d’incidents, sans les juger significatifs. "Néanmoins, devant cette fraude particulièrement élaborée, il n’est pas évident qu’une inspection, même inopinée, aurait été efficace ", estiment MM. Grall et Maraninchi. Cela suffira-t-il à dédouaner les autorités? Rien n’est moins sûr, car dans les faits il n’y a pas eu de suivi malgré ces écarts plusieurs fois détectés.

Le rapport met également en avant le manque de communication entre l’Afssaps et les autorités sanitaires ou judiciaires étrangères qui ont soulevé des anomalies et auraient pu amener à un retrait plus tôt. Ainsi, en 2000, la Food and Drug Administration relevait des manquements à la règlementation. En 2006, PIP est condamnée en Angleterre à indemniser des femmes à la suite d’inflammations. Mais l’Afssaps n’aurait-elle pas pu, de son côté, exercer une veille sanitaire plus poussée?

Autre problème : le manque de signalements d’incidents par les chirurgiens qui retiraient pourtant des prothèses. Ce n’est qu’à partir de 2008 que les déclarations augmentent, avec 34 signalements, puis 41 en 2009, contre 8 en 2007. L’Afssaps regrette des "décalages importants" entre les dates de survenue des incidents et celles des déclarations. Car c’est uniquement après le retrait du marché des prothèses que les signalements sont arrivés en nombre. Davantage de notifications auraient-elles permis un retrait plus rapide? Difficile à dire, vu le talent de M. Mas à dissimuler ses pratiques. Le député (PS) Gérard Bapt, dans un courrier adressé lundi 30 janvier au ministre de la santé, se demande toutefois si les incidents signalés par PIP elle-même n’auraient pas dû conduire à une inspection.

Enfin, le rapport relève le défaut de prise en compte des alertes reçues en dehors du circuit officiel de vigilance. Notamment un mail de 2008 envoyé par un chirurgien qui s’inquiétait de ruptures anormales et réclamait des réponses. Si ces remontées d’incidents "ont été intégré [e] s dans la base de données, [elles] n’ont pas fait l’objet d’un accusé de réception, (…) et a fortiori d’échanges avec le dit professionnel pour investiguer plus le signalement".

Les autorités ont donc des efforts à faire, même si elles insistent surtout sur la nécessité d’une amélioration globale du système. Elles prônent la mise en place de contrôles inopinés, l’obligation pour un fabricant de déclarer tout retrait de leur produit à l’étranger, la mise en commun des informations entre pays… Mercredi, le ministère de la santé a annoncé un renforcement des inspections et demandé aux autorités sanitaires de simplifier le système de déclarations d’incidents par les chirurgiens afin de garantir une meilleure surveillance.

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Publié par le 1 février 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Prothèses PIP : l’expert de l’Afssaps raconte sa découverte

 

Source : Libération

 

Inspectant l’entreprise PIP, en mars 2010, il est tombé sur des "fûts suspects" dont le patron Jean-Claude Mas n’a pas précisé l’usage.

L’entrée de l’ex-société Poly Implant Prothèse (PIP), à La Seyne-sur-Mer, dans le Var, le 30 décembre 2011 (© AFP Boris Horvat)

Simultanément sur France 2 et dans Le Monde, l’expert de l’Agence de sécurité du médicament (Afssaps) a raconté, sous couvert de l’anonymat, comment il était tombé le 17 mars 2010, au deuxième jour de sa mission dans l’entreprise PIP, à la Seyne-sur-Mer (Var), sur des "fûts suspects" pour lesquels le patron Jean-Claude Mas n’a été en mesure de fournir ni explications cohérentes ni factures.

Selon Le Monde paru samedi après-midi (édition datée de dimanche-lundi), les étiquettes placées sur les fûts suspects portaient la mention "SILOP pour silopren, une huile de silicone non autorisée pour un usage médical" et dont il n’était nulle part fait mention dans les documents examinés la veille.

Explications confuses

Sur France 2, l’inspecteur, dont seules les mains apparaissent à l’écran, poursuit le récit:

"Les personnels de production me disent qu’ils ne savent pas ce que sont ces étiquettes, je demande les factures et on ne les sort pas".

"Je monte voir M. Mas et je lui demande ce que sont ces matières premières. Il me dit: On avait prévu de faire du développement.

– Quel développement?

Il me répond: Je ne sais plus".

Selon Le Monde, – qui précise que "l’épisode est aussi résumé dans le rapport d’inspection que l’agence a remis à la justice et dont (le journal) a pris connaissance" – c’est en retournant sans prévenir sur un site déjà visité la veille et où il n’était plus attendu, que cet inspecteur a mis au jour la supercherie.

Les étiquettes jouent à cache-cache

Le premier jour, le contrôle n’a dévoilé aucune anomalie, écrit le journal.

Mais la deuxième fois, "à travers la clôture, j’ai vu des fûts avec des étiquettes qui faisaient référence à un nom qu’on n’avait jamais vu. On a eu du mal à se faire ouvrir la porte. Et cinq minutes après, on rentre sur le site et les étiquettes avaient disparu… Stupeur", reprend l’inspecteur sur France 2.

"On a alors demandé au magasinier de tirer les palettes sur lesquelles se trouvaient ces cubitainers pour voir la face côté mur, s’il restait des étiquettes".

Après avoir insisté pour obtenir gain de cause, c’est là qu’il découvre la présence d’un produit notamment utilisé comme adjuvant dans les carburants.

Des années de fraude

Selon Le Monde, le directeur du développement de PIP, interrogé à son tour, "livre une toute autre version" que celle de M. Mas et assure que "le silopren sert à fabriquer des échantillons".

Quand l’inspecteur demande à vérifier, il constate qu’un millier de ces "échantillons" ont été réalisés depuis la livraison du produit non homologué. Et qu’il n’en reste plus un seul.

Un cadre finit par avouer : les prothèses ne contiennent pas "le bon gel", complète le journal.

Il est décidé de prolonger la mission de l’agence: "On n’a plus confiance du tout. Notre crainte c’est que les stocks disparaissent et soient remis sur le marché dès qu’on aura le dos tourné", se souvient l’inspecteur cité par Le Monde.

M. Mas a reconnu ultérieurement devant les enquêteurs que la fraude était organisée depuis des années.

La découverte de l’Afssaps a provoqué l’ouverture d’une enquête judiciaire pour "tromperie aggravée" et devrait donner lieu à un premier procès d’ici la fin 2012. Dans l’intervalle, le scandale s’est étendu au monde entier et concerne des dizaines de milliers de femmes

 

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Publié par le 15 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Scandale des prothèses PIP : un avocat marseillais attaque

 

Source : La Provence

Me Laurent Gaudon, a déposé hier une assignation en référé devant le tribunal de grande instance

APRÈS LE SCANDALE PIP, L'EMA VEUT RENFORCER LA RÉGLEMENTATION SUR LES DISPOSITIFS MÉDICAUX

Des implants mammaires au banc des accusés.Reuters

 

Un avocat marseillais, Me Laurent Gaudon, a déposé hier une assignation en référé devant le tribunal de grande instance de Marseille qui vise Tüv, l’organisme allemand de certification des prothèses mammaires, ainsi qu’un chirurgien marseillais. Tüv est attaqué pour "manquement à son obligation de certification et de contrôle", le médecin pour "manquement à son devoir d’information".
Dans le même temps, la justice poursuit ses investigations sur le rôle de Jean-Claude Mas, 72 ans, le président fondateur, et les informations qui auraient été secrètement gardées par la société Poly Implant Prothèse (PIP). Dans le cadre de l’enquête préliminaire diligentée par le parquet de Marseille, 25 employés de la société ont été tour à tour entendus par les gendarmes de la Section de recherches. Leurs déclarations, que nous avons pu consulter, en disent long sur le fonctionnement de PIP.
La plupart indiquent que "le prix" était un élément essentiel qui dictait la politique de l’entreprise. "Je me souviens qu’autour de 2005-2006, nous avons fabriqué longtemps sans remplir de Nusil (le produit homologué)", raconte Vincent, alors responsable qualité. Alban, responsable développement, explique que "tout cela se faisait avec l’aval de M.Mas." "Mon cheval de bataille était de faire comprendre qu’on pouvait faire des produits validés corrects.
J’étais contre le PIP. Il y a un moment où j’ai pris conscience que c’était illégal". Le gel de silicone PIP ne répondait manifestement pas aux normes. "Pourquoi étiez-vous contre ?" lui demandent les enquêteurs. "Parce que c’est pas légal. Vous avez un marquage CE (Communauté européenne) et vous ne le respectez pas. Il faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre que c’est pas bon." Et il précise que "oui, tout le monde savait au sein de PIP". D’ailleurs, il est viré de l’entreprise en 2006 pour avoir "dépassé les limites de sa liberté d’expression et de son droit de critique"…
Gilles, technicien en recherche et développement, explique lui aussi : "Nous avons tenté des prothèses de mollets, fesses et testicules, mais le marché n’étant pas assez important, nous avons cessé la production." "à la fin, PIP produira jusqu’à 1000 prothèses par jour", précise-t-il. Quant à Valérie, responsable hygiène et sécurité, elle donne d’autres clés de compréhension :"Chacun faisait attention que n’apparaisse pas le gel PIP.
Cela consistait à dissimuler tout ce qui indiquait la société Brenntag qui nous livrait une partie du gel, mais aussi à modifier les dossiers de lots." Sur les données informatiques de l’entreprise, elle livre une piste aux enquêteurs : "J’ai entendu dire qu’il y avait deux bases de données, une qui indiquait ce qu’on faisait vraiment et l’autre qui était faite pour Tüv."

Liens : Ce que le fondateur…-Prothèses PIP. L’aveu…Les enfants de l’ex patron… L’assurance maladie…Les prothèses…

 
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Publié par le 10 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Prothèses mammaires PIP : ce que le fondateur a avoué

 

Source : La Provence

Jean-Claude Mas a reconnu la tromperie. Il accuse les victimes de faire "du fric"

Jean-Claude Mas (en haut) vante les mérites de ses prothèses. La juge s'est déplacée mercredi dans le Var dans les locaux de PIP.

Jean-Claude Mas vante les mérites de ses prothèses. La juge s’est déplacée mercredi dans le Var dans les locaux de PIP.
Photo Bruno Souillard

 

Il a décidé de ne pas parler, comme l’a indiqué jeudi son avocat Me Yves Haddad, mais ses procès-verbaux d’audition, que "La Provence" a pu consulter, parlent pour lui. Le président-fondateur du groupe Poly Implant Prothèse (PIP), Jean-Claude Mas, 72 ans, à l’origine de l’affaire des prothèses mammaires présumées défectueuses, a reconnu lors de ses gardes à vue de novembre 2010 et octobre 2011, la "tromperie", qui pourrait bien lui valoir d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel de Marseille à l’automne 2012.

"Que devaient contenir les prothèses selon le marquage CE (Communauté européenne)?" lui demandent les gendarmes, le 18 novembre 2010, alors qu’il est placé en garde à vue : "Du gel MED 6300, fabriqué par la société Nusil", répond M. Mas. "Que contenaient-elles en réalité ?" insistent les enquêteurs. "Je pense tout à fait autre chose. Il y avait de l’huile de silicone, une partie de vinylé, du U165. Il devait y avoir un siloxane hydrogéné et un platine comme catalyseur. Quand j’ai créé PIP, j’ai apporté cette formule, je l’ai gardée. Pourquoi la changer ?"

"Je reconnais les infractions"

Entendu de nouveau par les gendarmes, le 13 octobre 2011, il a reconnu les faits en ces termes : "Oui, je reconnais les infractions car j’étais au courant (…) Je reconnais que PIP a volontairement dissimulé, bien que je ne sois plus le dirigeant, mais depuis 1993, à PIP on faisait comme ça…" . "Nous vous affirmons que vos prothèses ne sont pas conformes", lui font remarquer les enquêteurs. "Je l’ai toujours su", réplique-t-il.
Interrogé sur les dissimulations effectuées auprès de l’organisme certificateur allemand TUV Rheinland, Jean-Claude Mas répond que "TUV annonce sa visite dix jours avant. Même moi, si j’étais à l’autre bout du monde, j’étais informé. On l’a fait pendant treize ans sans aucun problème. Dès 1993, alors que je suis président de PIP, je donne l’ordre de dissimuler la vérité à TUV". "Pourquoi avoir utilisé le gel PIP à la place du gel Nusil ?" persistent-ils. "Je l’ai dit : rapport qualité-prix et mon gel est meilleur." Au total, l’enquête démontrera que PIP parvenait ainsi à économiser environ un million d’euros par an.

"Des personnes qui ne font ça que pour le fric"

Questionné en revanche sur le caractère dangereux pour la santé de ses prothèses, Jean-Claude Mas bondit : "Mes prothèses en gel PIP ne présentent aucun risque pour la santé. Concernant les victimes, elles ne déposent plainte que pour recevoir de l’argent". "Il s’agit de personnes fragiles ou de personnes qui ne font ça que pour le fric", croit bon d’insister le fondateur de PIP.

Au total, plus de 2 400 plaintes ont été déposées à ce jour à Marseille par des porteuses d’implants mammaires. La justice continue

Liens : Prothèses PIP. L’aveu…Les enfants de l’ex patron…L’assurance maladie…Les prothèses…

 
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Publié par le 7 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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Prothèses PIP. L’aveu de Jean-Claude Mas

 

Source : Paris Match

 

Prothèses PIP. L’aveu de Jean-Claude Mas

Une photographie de Jean-Claude Mas figure sur le site d’Interpol. Le septuagénaire est recherché par le Costa Rica
pour des atteintes à «la vie» et à «la santé»
| Photo ABACA

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Énième rebondissement dans le scandale. L’avocat de Jean-Claude Mas, président-fondateur du groupe Poly Implant Prothèse (PIP) a indiqué jeudi que son client refusait de s’exprimer face au «nombre impressionnant de contre-vérités». Les propos de l’ancien gérant se sont, malgré lui, étalés dans les médias. Le procès verbal d’audition du septuagénaire datant de novembre 2010 a été révélé jeudi soir par TF1. Des propos qui dressent le portrait d’un homme omnipotent, assumant avoir contourné les normes et ne manifestant aucune compassion pour ses victimes.
Jean-Claude Mas admet avoir utilisé un gel non conforme et sciemment déjoué les contrôles, arguant qu’il n’existait aucun risque. «Cette formule est parfaite, elle est meilleure que celle utilisée pour fabriquer le gel homologué, a-t-il déclaré aux enquêteurs selon TF1. Par habitude, depuis 1997 nous cachions les produits utilisés pour fabriquer le gel PIP. Je n’avais pas le droit d’acheter ces produits car ils n’étaient pas homologués. Tout était organisé pour échapper aux contrôles.» L’unique «motivation» de cette fraude étant d’ «augmenter sensiblement la rentabilité de l’entreprise»*.
Selon le PV, les employés de PIP ont reconnu que le processus de fabrication était «oral et jamais écrit», laissant supposer des irrégularités et manquements. Une pratique profondément liée à l’histoire de l’entreprise implantée à la Seyne-sur-Mer (Var). Le fondateur a indiqué que «dès 1993», soit deux ans seulement après la création de sa société, l’ordre était donné de «dissimuler la vérité» à l’organisme certificateur allemand TÜV.

«Des personnes qui font ça pour le fric»

Thierry Brinon, un ancien directeur technique a ainsi détaillé les dessous de ce système, indiquant que la fraude pour les implants mammaires incriminés avait commencée en 2001, lorsque le silicone avait été de nouveau autorisé pour ces interventions. Mais pour l’ancien actionnaire majoritaire de 72 ans, les patientes implantées qui s’étaient plaintes n’étaient pas victimes. «Il s’agit de personnes fragiles ou de personnes qui font ça pour le fric», avait-il lancé devant les gendarmes.

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a justifié mardi la «lenteur» de son intervention. Contrairement aux médicaments, les dispositifs médicaux ne sont pas soumis à une procédure d’autorisation de mise sur le marché, a expliqué un porte-parole à l’agence Reuters. «L’Afssaps est chargée de réaliser une inspection quand il y a des doutes sur un producteur particulier ou quand le marché change beaucoup», ce qui s’est produit à deux reprises, en 2001 puis en 2010.

A qui la faute ?

Cette surveillance était déléguée à l’organisme Tüv Rheinland, qui a certifié les sites de production PIP jusqu’en mars 2010, date à laquelle les prothèses ont été retirées du marché et la société varoise liquidée. L’accusant de l’avoir trompé sur la composition de son gel de silicone, le groupe a attaqué PIP en justice en février 2011. Spécialiste de la distribution de produits chimiques, le groupe industriel allemand Brenntag a indiqué avoir fourni du silicone à la société française, précisant que le matériau était destiné à un usage industriel.

La juge d’instruction Annaïck Le Goff s’est rendue mercredi dans les locaux de la société PIP, agissant dans le cadre d’une information judiciaire pour «homicide involontaire et blessures involontaires» ouverte le 8 décembre par le parquet de Marseille. Quelque 2.400 plaintes de porteuses d’implants mammaires PIP ont été déposées dans l’enquête préliminaire pour «tromperie aggravée». Un délit passible de quatre années d’emprisonnement.

*Jean-Claude Mas a précisé que 75% des implants étaient remplis de gel PIP, 25% seulement avec le gel américain Nusil. Compte tenu des prix de ces matériaux, Poly Implant Prothèse faisait une économie de 10 euros par implant, soit un gain «d’un million d’euros par an pour une production de 100.000 prothèses».

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Publié par le 6 janvier 2012 dans Santé, Sécurité, Sciences, Société

 

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